N°190

octobre 2017
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Trois songes (un procès de Socrate)

10 février 2017

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Trois songes (un procès de Socrate)


Spectacle programmé le 8 février 2017 au Théâtre du Champ-au-Roy (Guingamp) et le 9 février à La Passerelle (Scène nationale, Saint-Brieuc).


Je ne sais pas si l’inspecteur Columbo avait étudié Socrate, mais il y a une certaine similarité entre ces deux personnages. Au-delà du fait que tous les deux n’étaient pas très beaux et avaient une dégaine de loser, tous deux posaient des questions naïves (faussement bien sûr) à leurs interlocuteurs, l’un pour découvrir un coupable, l’autre pour faire comprendre l’erreur de pensée et s’approcher de la vérité. C’est de la maïeutique.


Dans ce spectacle, on voit Socrate, au soir de sa mort, se souvenir - en songe - de rencontres-dialogues qu’il a eus avec trois personnes : Alcibiade, homme d’Etat qui est persuadé de savoir ce qui est Juste, Euthyphron, religieux qui sait ce qu’est la Piété et à quoi elle sert, et un adolescent qui ne comprend pourquoi Socrate se laisse condamner. Socrate agace de façon insupportable ses interlocuteurs, « dérangeant l’amour aveugle qu’ils se portent à eux-mêmes », à tel point que la Société finit par le condamner à mort, pour crimes d’impiété et de corruption de la jeunesse. Sans aucune allusion à nos temps actuels, hormis une scénographie qui montre des ordinateurs, on ne peut pas s’empêcher de penser à certains de nos contemporains, tellement sûrs de leur bon droit, de leur savoir, de leurs croyances, de leur autorité. Et quand on rit devant l’embarras d’un puissant désarçonné, c’est d’un rire jaunâtre, car cette adresse aux puissants est également une adresse à nous tous, qui n’en sommes pas à une certitude près. « Le plus savant parmi les hommes est celui qui sait qu’il ne sait rien ».


Les deux comédiens interprètent Socrate à tour de rôle, élément de distanciation brechtienne, à côté d’autres éléments de distanciation tels que les écrans d’ordinateurs, l’absence du 4è mur du théâtre (les spectateurs sont sur le plateau en compagnie des comédiens)... D’une commande d’un spectacle pour collégiens, l’auteur (Olivier Saccomano) en a fait une œuvre pour tous publics et de portée universelle.


- Pat


Texte : Olivier Saccomano
Mise en scène : Olivier Coulon-Jablonka
Avec : Jean-Marc Layer et Guillaume Riant

 


 

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