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San Sebastian/Donostia 2016, Capitale Européenne de la Culture 2016

1er février 2016

Immersion au coeur du week-end inaugural qui a eu lieu du 20 au 24 janvier 2016.

San Sebastian/Donostia 2016, Capitale Européenne de la Culture (...)



San Sebastian (Donostia en basque) 2016 : 48 millions d’euros pour être Capitale Européenne de la Culture, c’est assez modeste par rapport à d’autres. Faut dire qu’ici il n’y a pas eu le besoin d’investir dans de nouveaux équipements, San Sebastian étant déjà super bien dotée en équipements culturels. Le dernier en date, la Tabakalera (manufacture de tabac désaffectée transformée en centre d’art contemporain) date de septembre 2015, était déjà prévu dans la politique culturelle de la ville, et n’est donc pas affecté au budget de l’année événementielle. Il s’agit donc de 48 millions d’actions culturelles supplémentaires par rapport à une année normale.
L’idée principale de Donostia était de ne plus apparaître comme capitale européenne du terrorisme. L’ETA avait effectivement beaucoup ensanglanté San Sebastian pendant des années. Belle coïncidence : quatre mois après la désignation en 2011 de San Sebastian comme CEC2016, l’ETA annonçait la cessation définitive de sa lutte armée. Le militantisme violent de la cause basque allait céder la place à un militantisme politique et culturel. Le maire actuel est un autonomiste pacifiste. Il est signifiant de voir que tout le monde parle basque : les discours de tous les officiels étaient d’abord dits en basque avant le castillan. Le thème de DSS2016 était donc tout trouvé : Vivre ensemble. Et en 2016 Donostia invite l’Europe et le Monde à être témoin de cette harmonie, et même à la vivre avec.
L’idée première n’était donc pas de favoriser un développement économique nouveau, même s’il est vrai que les incidences positives seront non négligeables. San Sebastian a été choisie comme CEC2016 parmi 6 candidates espagnoles pour des raisons plus politiques que culturelles. Il ne faut jamais oublier l’importance des enjeux politiques dans le choix d’une CEC.



20 au 24 janvier 2016 : on inaugure
Je trouve qu’il manque de la visibilité événementielle dans la ville, comme auraient pu l’être des installations originales ici et là (maisons folie, street art...). Bien sûr, le samedi inaugural a vu pas mal de manifestations dans tous les coins, mais sinon on peut sillonner la ville sans rien remarquer. Et puis il y aura quand-même quelques centaines de manifestations tout le long l’année.



Samedi 23 janvier : L’événement inaugural
Le méga spectacle inaugural aurait coûté 660 000 d’euros ! J’ai du mal à le croire, et je n’ai pas trouvé à vérifier l’information. C’est le prix du symbole sur lequel est construite toute la thématique de l’année puisque le spectacle s’intitule Le Pont de la coexistence. Il a été préparé par Hansel Cereza, ancien de la Fura dels Baus. Pour cette somme pharaonique, on a eu droit à une sorte de son et lumière high-tech de 45 minutes, avec la participation de quelques centaines d’habitants volontaires qui chantaient la chanson du jour, et d’autres qui exécutaient quelques actions, tout ça avec une visibilité très limitée pour les quelques dizaines de milliers de spectateurs qui s’étaient amassés près de la rivière Urumea et du pont Maria Cristina. Il me semble que la déception générale est à la mesure du budget exorbitant de l’opération. Les événementiels d’Art Rock à St-Brieuc, quand ils existaient encore, étaient souvent bien plus intéressants pour moins cher !
Un autre événement de cette inauguration, plutôt bien trouvé, et qui n’a, par contre, sûrement presque rien coûté, et pourtant avec 6 400 participants : la Tamborrada. Utiliser une coutume locale comme élément marquant d’un événement international, bien joué ! Ce week-end correspond avec la fête annuelle de la ville, qui se célèbre le 20 janvier. Ce jour-là 6 400 habitants habillés en soldats napoléoniens ou en cuisiniers (dérision moqueuse de la population envers l’occupation française il y a 200 ans) jouent du tambour à travers la ville pendant 24 heures non-stop. Ça a eu lieu, mais en plus, il leur a été demandé de remettre ça exceptionnellement pour ce samedi 23 janvier, tous ensemble réunis sur la grande plage de la Concha, sous les yeux de la foule immense. Un moment grandiose où l’aspect dérision de l’armée impériale, ou de l’armée tout court, est bien présent.



Un Briochin ambitieux au cœur de l’action
J’ai rencontré les directeurs des Capitales 2015, de Plzen (Tchéquie) et Mons (Belgique). A Plzen, l’initiative est née il y a une dizaine d’années de six ou sept acteurs culturels de la ville qui ont réussi à convaincre leur maire de l’intérêt de cette démarche. En 2015 il n’y avait plus aucun des initiateurs de l’époque. A Mons, c’est une personne, Yves Vasseur, qui a été responsable jusqu’au bout, qui, il y a 10-12 ans, a soufflé l’idée au maire Elio di Rupo, qui était un maire puissant puisque également ministre. Il m’a dit que c’était très bien qu’on se lance 12 ans à l’avance, pour que le financement puisse être réparti sur toutes ces années. Ce n’est pas une association qui peut engranger des sommes sur plusieurs années pour un but éloigné, mais une fondation le peut. Il est d’accord pour venir nous rencontrer à St-Brieuc.



J’ai aussi rencontré des envoyés de presse internationale à qui j’ai parlé de notre ambitieuse idée costarmoricaine, et dont j’ai récolté les coordonnées, ce qui pourra servir : Le Monde, Télérama, Le Nouvel Obs, Le Soir (Belgique), Financial Times, une radio allemande, un Belge flamand, un Suédois...



Et puis une Rennaise. Quand je lui ai dit qu’était en train d’y naître l’idée de candidater à devenir CEC2028, sa 1ère réaction a été : "St-Brieuc c’est très moche !" Quel Briochin peut encore supporter que la simple évocation du nom de sa ville provoque de telles réactions d’horreur ? Quel élu local peut ne pas mettre tout en œuvre pour interrompre le cercle vicieux de cette répulsivité ? Par exemple en entendant les idées émises par des citoyens.
Ce qui est dit généralement : d’une part la vie à St-Brieuc est agréable et l’activité culturelle de son territoire départemental est très forte, mais ça ne se sait pas vraiment et on croit que la vie y est triste et grise ; d’autre part St-Brieuc est moche, et ça se sait beaucoup.
D’une part mon idée permettra de révéler à la face du monde que notre territoire est passionnant, et d’autre part le problème de la laideur de St-Brieuc peut être résolu par la démarche actuelle de la municipalité de remodeler profondément son urbanisme, et le récent projet Europan va stimuler cette évolution. Ces deux démarches (culture et urbanisme) doivent être travaillées en concomitance.



- Patrice Verdure
 
Reportage vidéo sur le week-end inaugural de San Sebastian 2016


La Tamborrada

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