N°191

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Détissages fait revivre des plantes tombées du temps

13 juillet 2017

A Saint-Thélo, le festival des arts textiles met à l’honneur les découvertes de la paléobotanique. Ou comment faire revivre entre les doigts de plasticiens des plantes disparues depuis des millions d’années.

Détissages fait revivre des plantes tombées du temps


Elle était haute de quelques centimètres, sa tige se divisait en plusieurs embranchements qui se concluaient en un sporange, elle n’arborait ni feuilles, ni fleurs, et on ne lui a pas trouvé de racines. Aucun être humain ne l’a jamais cueillie en terre, et pour cause : elle vivait il y a environ 425 millions d’années, quand les plantes terrestres en étaient à leurs balbutiements. C’est un botaniste britannique, William Henry Lang, qui l’a découverte, fossilisée, en 1937, et qui lui a donné un nom, Cooksonia.


Pour son édition 2017, le festival Détissages a choisi comme thème cette plante après avoir découvert le travail de Laura Sanchez Filomeno. Artiste péruvienne arrivée en France il y a 15 ans, elle crée des précis de botanique, des cahiers de biologie moléculaire, des cabinets de curiosités qui s’inspirent notamment de la paléobotanique.
"Je travaille sur les herbiers, sur les plantes anciennes, explique-t-elle. Je prends plusieurs plantes, je brode et j’invente de nouvelles choses avec des normes scientifiques, c’est une sorte de recherche scientifique mais fictive."


Le cheveu pour matériau
Une science alternative comme il y a des faits alternatifs. Mais le détournement du réel est ici assumé, affirmé, il ne sert pas à tromper mais au contraire à mieux comprendre le monde. C’est une réflexion sur l’origine de la vie et sur la contiguïté entre la nature et l’art, entre les créations de la Terre et celles de l’humain. Elle en a fait une thèse, soutenue à la Sorbonne : "Naturalia-artificialia, l’art baroque mis en œuvre dans une pratique artistique contemporaine".
De ses œuvres ressort un réalisme étrange, où les plantes sont hybrides, riches en rhizomes et où la fibre capillaire se substitue à la fibre végétale. Laura Sanchez Filomeno utilise en effet pour matériau principal le cheveu, auquel elle donne une seconde vie, loin de sa fonction initiale.
Cet été, elle exposera ses créations à Saint-Thélo, où elle est invitée d’honneur aux côté d’autres artistes (Amandine Spezzatti, Armelle Barraud et Lou Roy), qui, elles aussi, se sont penchées sur la paléobotanique.


- Jean-Sé


Exposition du 11 au 20 août 2017 à la Maison des Toiles de Saint-Thélo.
laurasanchezfilomeno.ultra-book.com
www.détissages.fr


Photo : Clinopodium série Herbarium © Laura Sanchez Filomeno

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