Swinging Côtes d’Armor

Extraits d’une discussion avec Christian Provost, vice-président du Conseil général en charge de la culture.

Le jazz est inscrit depuis le début du siècle dans ce département. Personnellement j’avais écrit en tant que jeune enseignant une monographie sur le jazz en 1968. Je me rappelle le père d’Eric Le Lann avec son groupe de Ploeuc-sur-Lié. C’est avec lui que j’ai entendu pour la première fois du jazz dans le département. Ensuite il y a eu des aventures dans les années 70. Je me rappelle un groupe qui s’appelait Jazz 4 Plus. Le jazz s’est installé doucement dans le paysage. On est passé de Le Lann père à Le Lann fils, Jazz Errance à Dinan, Jean-Philippe Lavergne, Christian Hillion, Pierrick Pedron, Le Noane… Et puis il y a eu l’association Jazz Angle, le Cotton Bar. L’ADDM, à l’écoute des territoires, avec une volonté de structuration, s’est mis alors à créer Jazz dans les Feuilles, avec dès le départ le souci que le portage quitte un jour l’ADDM. C’est ainsi qu’il a finalement été transmis à Jazz Angle. Est né également Jazz à Langourla. On voit la volonté politique d’irriguer le territoire départemental, de fédérer les différents acteurs.

Le jazz sera-t-il présent dans le futur lieu de musiques actuelles prévu à St-Brieuc ?
D’abord je pense que le jazz pourrait être présent dans toutes les salles du département. On peut se demander s’il y a vraiment nécessité d’avoir une salle particulière pour les musiques actuelles. Certaines salles oublient qu’elles avaient été conçues multifonctionnelles pour avoir aussi ce type de manifestation.

Et l’enseignement du jazz ?
Il y a plus de 20 ans, quand j’ai pris des cours au Conservatoire, j’ai poussé pour bousculer la tradition et qu’il y ait aussi du jazz. Aujourd’hui je suis heureux de voir qu’il y a un département jazz à l’ENMD de St-Brieuc. On le trouve aussi dans presque toutes les écoles de musique. Je rappelle les résidences de grands musiciens, tels que Laurent Dehors, Andy Emler. Et voilà qu’on va avoir, avec le retour de l’enfant du pays Eric Le Lann, une école de jazz à Dinan, à caractère régional, pour la formation continue des professionnels.

Le soutien à la création ?
On a une politique de soutien aux groupes, tels que par exemple celui de Bernard le Pallec, qui pourrait peut-être devenir une sorte de petit ONJ départemental. On a aussi une aide à la promotion des groupes.