JAZZ DANS LES FEUILLES 2003
Josetxo Goia Aribe Ensemble. Lundi 10 novembre. La Ville Robert à Pordic
Ce Basque espagnol de Pampelune au nom difficile à prononcer fabrique
un jazz très délicat aux accents espagnols indéniables,
dus au terroir où il a grandi. De même qu'il parle très
bien français avec un sympathique accent espagnol, il parle très
bien jazz avec le même accent. L'homme et sa musique dégagent un
charisme attachant.
Il nous explique l'origine de chacun de ses morceaux : la guerre civile (vue
du côté républicain bien sûr), les toros et le paso
doble, un monastère près de Pampelune, la montagne du coin où
il aime bien randonner, la feria de Pampelune
Ses trois musiciens sont français. " Ils ont très compris
la musique que je voulais faire " nous dit-il. Marc Buronfosse à
la contrebasse, très mélodique comme un Texier ou un Charlie Haden.
François Verly, batteur magistral, disons plutôt percussionniste,
avec un jeu extrêmement riche. On le connaissait déjà à
Saint-Brieuc pour l'avoir vu avec Sclavis et Senem Diyici (JDLF 2002). Un concept
de batterie radicalement opposé à celui de Mourad Benhamou, vu
la veille au Cotton Bar, qui, lui, joue avec une batterie minimum, mais pour
néanmoins un maximum d'efficacité. Et puis le pianiste Jérôme
Rateau, vrai virtuose du clavier, un peu en retrait dans les premiers temps,
puis libérant son énergie vers la fin.
On promène son attention d'un musicien à l'autre. On sent que
chaque musicien est très à l'écoute de ce que font les
autres. Ce n'est pas un leader simplement accompagné par une rythmique,
c'est 4 musiciens jouant chacun sa propre ligne mélodique, en parfaite
symbiose avec les autres.
Photos : © Olivier Tanguy
Cliquer sur la photo pour l'agrandir