QUELQUES EDITOS DES TEMPS PASSES
Où est passé l'avenir ? Bonjour les visionnaires (mars 2009) |
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Où est passé l’avenir ? Bonjour les visionnaires !
« Le XXIè siècle sera spirituel ou ne sera pas ». Vu comment ça se passe du côté du matériel, il vaudrait peut-être mieux écouter Malraux. Mais non je ne deviens pas prêcheur ! Je suis athée, grâce à Dieu, mais je me demande comment ce siècle va se débrouiller pour survivre.
Un autre a formulé « Le XXIè siècle sera féminin ou ne sera pas ». Même s’il y a encore du chemin à faire pour les femmes, on peut dire que leur existence est la moins pire de tous les siècles passés, non ? Si ça pouvait apporter à ce siècle plus de douceur, de tendresse, de sensibilité, ça serait peut-être la solution pour la survie de l’avenir, mais c’est pas gagné.
Je me souviens vaguement d’un autre visionnaire du XXè siècle, dans les années 80, qui disait « Profitez bien de cette fin de siècle pour commémorer le passé, parce que dès qu’on sera au XXIè siècle, l’état d’esprit début de siècle nous tournera entièrement vers le futur ». Je ne sais plus exactement comment c’était dit ni qui l’a pensé, je peux juste dire que ce grand esprit visionnaire était un imbécile !
Le passé a de l’avenir
J’ai l’impression qu’on n’a jamais autant évoqué le passé. Tous ces anniversaires de 68, de la guerre, ces livres sur la Résistance, toutes ces expos photos d’il y a 100 ans (musée de St-Brieuc avec Binet, puis Kerever), Bistrots de l’Histoire du Pays de St-Brieuc, revitalisation des cultures traditionnelles, collectages, recensement du patrimoine... !
Y a-t-il de la nostalgie d’une époque où l’on croyait en un futur meilleur ? Croit-on qu’une relecture du passé avec les nouvelles technologies nous donnera des clés ? A-t-on peur de voir cet avenir privé des acquis du passé ?
Ce n’est pas nouveau, toutes les époques se sont construites sur les fondations du passé, et il n’y a pas de raison que le XXIè siècle fasse exception, d’autant plus avec un présent tellement scabreux.
J’imagine que dans les années 1780, l’angoisse générale était aussi très forte, et l’explosion qui en a résulté a été à la mesure !
Patrice Verdure
Un autre imbécile
500 artistes, 140 prestations, 85 h de spectacle, 22 lieux, 4 500 spectateurs, 200 bénévoles
Enfin terminé ce Cri du 100 ! Ca a été un très gros travail pendant 1 an, mais quelle satisfaction ! On vous doit ici quelque bilan, pas encore financier parce qu’on n’a pas encore eu le temps de faire le point (pris par la fabrication urgente de ce numéro de février), mais « moral ».
A l’origine on cherchait à ce que nos soirées se passent dans de vrais lieux de spectacles. Quelle erreur ! En effet nos meilleures soirées ont été celles dans les salles des fêtes. Dans les vrais théâtres, la séparation entre le lieu des spectacles et la buvette-restauration a provoqué une dispersion qui a nui à la convivialité de la soirée. Dans les salles des fêtes, ce n’était quand-même pas une kermesse : malgré le brouhaha de l’espace buvette, les prestations artistiques de 20 minutes ont été bien suivies, et beaucoup ont pu ainsi découvrir des genres auxquels ils sont peu habitués. Les « chocs culturels » n’avaient rien de choquant, mais plutôt enrichissant (la danse orientale de Marylène Famel après le trad contemporain de Karma par exemple).
On est un peu fiers d’avoir provoqué quelques créations, quelques rencontres uniques, dont certaines auront peut-être une suite. Le marionnettiste Fabien Moretti avec Leto. Myrdhin avec le guitariste touareg Mohamed Bilalan. Les solos sur projections photos de Zoran Vasilic, Soïg Sibéril, Lors Jouin, Karl Gouriou, Pat O’May, Patrick Molard. Marlu et son Petit Chaperon Rouge en argot. La Cie de la Nuit avec un ormeau géant. Un battle jazz Les Amateurs / Early Blue. Un battle rock Wankin Noodles / Acapulco 44. High Voltage (AC DC) avec le bagad de St-Brieuc. Fannytastic avec Daniel Paboeuf. Bachibou’Zik Orchestra (rencontre de OP Rats des Gueux, Consanguins, Gens Normals, De Poil, King Pépé, Ecoute comme ça sent bon). Création rock expérimental de Philippe Brosse, Stéphane Kérihuel, Christophe Menguy. Bernard Granger avec Ludo. Paul Dirmeikis avec 2 sax. Hip hop avec accordéon et guitare...
Le sommet de la semaine a été atteint samedi soir à St-Brieuc : 2 000 personnes, des prestations s’enchaînant à la perfection sur 3 scènes (merci à la formidable équipe technique mise en place par l’ODDC et l’ADDM), que des gens enchantés, un moment de grâce.
Merci aussi à tous ces bénévoles extrêmement motivés et efficaces. Merci à tous les lieux d’accueil, à tous les partenaires qui nous ont accompagnés dans chaque Pays, à ceux qui ont décoré la salle de Robien, à Erwan qui a éclairé les scènes de Robien. Et merci à tous ces artistes qui ont bien voulu jouer ce jeu pas évident et rendre ainsi hommage au Cri de l’Ormeau.
Un petit bémol : on comptait beaucoup sur la participation volontaire et généreuse du public, elle a été d’une moyenne d’environ 1 € par personne (c’est trop, bravo !). Notre bilan financier n’est pas encore fait mais il est certain qu’on est déficitaire, et que pour que le Cri de l’Ormeau ne souffre pas trop de sa témérité, il va falloir qu’on fasse appel à DONS. Préparez-vous ! On vous tient au courant.
Patrice Verdure
Qui n’oublie pas de remercier aussi ses collaborateurs-trices qui se sont laissé(e)s embarquer dans cette aventure sans défaillir
Le 100 du Cri, vous l’avez entre les mains. Le Cri du 100, vous l’aurez en janvier.
Mais qu’est donc ce canard au 100 ?
Un journal pur sang encensant à 100% le sens pour éviter une vie sans sens, sans s’en faire de mauvais sang, de Sant-Samzun et Sant-Yagu à Sant-Mikael et Sant-Ke en passant par Sant-Nikolaz et Sant-Brieg, où ça sent bon le sang d’encre de la seiche d’Armor et le sang de la terre d’Argoat. Un merci particulier à ceux qui versent leur cens, et pas que cent cents, pour que vive ce 100, ce sang, ce sens.
Il est loin le temps où j’occupais mes heures désœuvrées d’immigré alsacien à fabriquer un embryon de Cri de l’Ormeau, tout seul dans ma caravane sans chauffage, au pain sec et à l’eau, mendiant et me prostituant pour payer l’imprimerie. Maintenant, du 50è étage de mon building de verre, émargeant à ce maudit ISF (pourtant je ne gagne que 30 000 Euros par mois !), régnant sur une cour de 300 salariés, je ne peux m’empêcher de laisser s’échapper un léger rictus de satisfaction.
Vous allez rire : je pense que certains vont prendre le paragraphe ci-dessus au 1er degré !
On aurait voulu tirer un bilan de 10 ans d’action culturelle en Côtes d’Armor. A la lumière d’un tel bilan, que ressentirions-nous ? Quelques fiertés, quelques hontes, quelques regrets, quelques enthousiasmes, quelques tendances, pistes, espoirs, quelques critiques. Même si nous sommes en possession de tous les éléments de l’historique culturel du département, ce serait un gros travail d’analyse que nous n’avons pas pu mener. Profitons-en pour revendiquer ici la création d’un « observatoire culturel » des Côtes d’Armor, dont les analyses pourraient intéresser bien au-delà des limites du département.
Et maintenant en route pour le numéro 1 000 !
Patrice Verdure
Citizen Kane ha Diskane
Ca suffit de parler toujours du Cri du 100 dans ces éditos ! Mais je n’arrive pas à penser à autre chose ! Au secours mes collègues ! Donnez-moi des idées, des mots, n’importe quoi, et ça me servira de points de départ !
Résultat des courses (merci les copains) :
1 Sœur Emmanuelle
2 La crise financière
3 Le passage à l’heure d’hiver
4 On a replanté des ormes à Plaintel
5 L’arrivée de Catherine dans notre équipe
6 Litote
Débrouille-toi avec ça, tu as 20 minutes !
1 Le Cri de l’Ormeau est-il la Sœur Emmanuelle de la Culture ? Faire pendant des années le sacrifice de sa santé physique, mentale, financière au service d’une action culturelle où règne tellement de souffrance, est-ce que ça mérite une béatification ou un prix Nobel de la Paix ?
2 A l’opposé de la spéculation planétaire qui a fait plonger progressivement la planète dans un marasme économique sans précédent, le Cri de l’Ormeau a su attirer de plus en plus de partenaires financiers convaincus de son utilité, voire sa nécessité, qui ont permis de passer d’un déficit de 30 000 Euros en 2003 à un équilibre actuel, approximatif et fragile, mais encourageant.
3 Gagner 1 heure nous suffira-t-il pour accomplir nos tâches ?
4 Tout doucement l’ormeau repeuple notre Manche. L’orme et son petit ormeau repeuplent nos campagnes. Pour nous rappeler que le Cri de l’Ormeau s’intéresse aussi bien à l’aspect Armor des Côtes d’Armor qu’à son aspect Argoat.
5 Catherine est arrivée dans notre équipe depuis juin. Prenant en charge la maquette du journal, cette femme fatale (c’est elle qui le dit) va fatalement nous soulager pour que nous puissions travailler plus efficacement à l’évolution du Cri, au développement de nouvelles idées.
6 Va, je ne te hais point ! Envoyez-nous, SVP, des litotes, pour alimenter nos cerveaux en bonne nourriture. Le cerveau est en effet un muscle qui a besoin de saine nourriture et qui ne doit jamais arrêter l’exercice, sous peine de nécrose, et on en connaît les effets !
Patrice Verdure
20 minutes plus tard
Le Cri de l’Ormeau, le phosphore des Côtes d’Armor, ou le gas-oil de la Culture ?
Le gas-oil au même prix que l’essence ! On croit rêver ! Ca fait carrément du 10 F le litre (des Francs pour mieux se rendre compte, je dirais même 1 000 anciens Francs, et je ne sais pas en écus, tant pis pour les plus anciens). Avec ça on a aussi le poisson au prix de la viande, et même les légumes ! Et puis si on mange moins de poisson, c’est mauvais pour le cholestérol, et le manque de phosphore affaiblit notre mémoire. Et quand la mémoire fout le camp, on ne sait plus pourquoi on vit. Et aussi, gravissime, on oublie qu’il y a des spectacles et des expos à voir, et cette carence en Culture peut avoir des conséquences incalculables sur l’individu. En effet la « Culture a pour but spécial de poursuivre, de combattre, de détruire l'ignorance », et l’on sait, comme Victor Hugo, que « c'est à la faveur de l'ignorance que certaines doctrines fatales passent de l'esprit impitoyable des théoriciens dans le cerveau confus de multitudes ». D’où l’importance du Cri de l’Ormeau pour sauver le Monde, en vous aidant à vous souvenir d’être spectateur de l’action culturelle, et aussi, si possible, d’en être acteur.
Essayons d’aller encore plus loin... mais justement « plus loin » c’est aussi un problème : le Lamballais hésitera à aller voir un spectacle à Guingamp si son carburant lui double le coût de sa place au théâtre. Eh bien encore une fois merci au Cri de l’Ormeau qui vous suggère de pratiquer le co-voiturage. Essayez par exemple le site ticoto.fr entièrement dédié au co-voiturage en Côtes d’Armor, et avec lequel on voudrait tenter une action partenariale avec notre propre site.
Patrice Verdure
Toujours prêt à rendre service
Est-ce que la créativité est une forme de folie ? Ca pourrait être un sujet de philo au bac. Une œuvre d’art est une création qui sort de l’ordinaire, qui vient donc d’un esprit un peu à part, et il faut effectivement un acharnement proche de la maladie mentale pour oser la montrer à son voisin humain en pensant que ça va l’intéresser, qu’il va communier avec ta sensibilité. Regardez donc tous ces fous qui courent sur nos pages, véritable catalogue de la démence !
Reconnaissez-vous ce rebelle qui utilise l’art de la clownerie pour pourfendre les puissants ? Celui-ci qui s’acharne à sauver la plus belle des friches industrielles pour en faire un haut lieu de la Culture ? Ces chanteurs bretons qui osent bâtardiser leur tradition avec des sons venus d’ailleurs ? Cette bande qui tentent de ressusciter un Fucking Art Rock là-même où quelques jours plus tôt est célébrée la danse bretonne la plus danse bretonne ? Ce photographe qui parcourt des milliers de kilomètres à ses frais pour immortaliser la beauté d’un concert de musiques actuelles ? Ces énergumènes qui font venir des musiciens mongols ou balouchis au fin fond du désert centre-breton ? Cette furie qui essaie de nous convertir au culte vaudou afro-cubain ? Ces inconscients qui installent un fondamental lieu de concert au sommet de l’Everest costarmoricain ? Ces alternatifs qui rachètent un couvent pour inventer un nouveau mode de vie ? Ce fermier qui aménage sa grange pour accueillir un jour Sheila un jour du métal-punk ? Ces chaussettes animatrices de journal télévisé ?
Patrice Verdure
Bosco de la Nef des Fous
Puisque tu me sembles un peu plus détendu (permets-moi de te tutoyer, baigner ensemble dans cette ambiance estivale nous rapproche, non ?), je te propose un sujet de réflexion pour agrémenter les discussions de tes apéros-pastis-chouchen-cidre-Dremmwel-Oézett : le cerveau doit-il s'arrêter de fonctionner pendant les vacances ?
Beaucoup le pensent, beaucoup pratiquent cette déconnexion. Il est vrai que cette pratique, prônée par les plus grands méditants Zen (dont font partie les dirigeants de TF1, grands experts en cerveaulogie) comme étant factrice de ressourcement, procure d'excellents résultats. Le cerveau de ces cérébraux-là repart ensuite tout allégé, prêt à affronter une nouvelle année d'enrichissements divers et variés.
D'autres considèrent que le cerveau est un muscle qu'il ne faut jamais arrêter de faire travailler sous peine d'ankylose, voire de nécrose.
Tel un bon normand (c'est mon origine lointaine), je mettrais personnellement la balle au centre : il est probablement souhaitable d'adopter une position intermédiaire, bien dosée.
En feuilletant ce Cri de l'Ormeau de l'été 2007, tu y trouveras, cher visiteur des Côtes d'Armor, et cher autochtone, de quoi t'adonner à toutes les pratiques zéno-culturelles que tu souhaites.
Quelles nouveautés remarquons-nous dans ce Cri de l'Ormeau estival ? D'abord il compte 92 pages alors que l'été précédent en comptait 76. Que va-t-on devenir l'été prochain ? Un bottin ? Deux numéros, un juillet et un août ?
On remarque également que les autres départements bretons commencent à comprendre l'intérêt qu'il y a à communiquer auprès de nos 200 000 usagers, habitants ou visiteurs des Côtes d'Armor, très mobiles en été. Saluons ainsi l'apparition du Morbihan avec Roc'Han Feu (Rohan), Arts des Villes Arts des Champs (Malguénac), Jazz à Vannes, Percussions du Monde (Nostang), Festives Halles (Questembert), du Finistère avec Bagadañs (Carhaix), Kann al Loar (Landerneau), le Théâtre de Morlaix, et l'absence de l'Ille-et-Vilaine.
Patrice Verdure