QUELQUES EDITOS DES TEMPS PASSES


Bouffon
Rugby, sexisme et culture
Prospective et calembours
Rebelles de nuit
Lannion fait la force
Devenez rédacteur du Cri de l’Ormeau (juin 2006)
OH ! DITES-nous ce que vous en pensez (mai 2006)
Je vous écris du Costarmorica (avril 2006)
On a la chair de poule (mars 2006)

Dans l’humanité, il y a 2 catégories (février 2006)
Méchant Noël ! (janvier 2006)
Eloge de la camelote
(décembre 2005)
Les 3 DC de la politique culturelle (octobre 2005)
Cet édito, j’en donne pas cher
(septembre 2005)
Amis artistes, vous appartenez à un monde archaïque ! (mai 2005)
Le secret de la réussite
(avril 2005)

Merci de nous faire part de vos opinions par mail ou le Forum.

Bouffon

Pour Jean-Pierre Coffe, c’est un gros mot. « Bouffons pas, mangeons ! »
En djeun'z, le sens de « bouffon » va jusqu'à « fayot », puis finalement à toute personne respectueuse de l'ordre existant, c’est-à-dire qu'à force d'extension, le sens s'est quasiment inversé par rapport à ce qu’était un bouffon à une époque que nous n’avons pas connue, même la regrettée Jeanne Calmant.
Quoiqu’ ! Mais oui, il en existe toujours !
Mais pourquoi parlé-je de bouffon ? C’est une fonction qui m’a toujours fasciné. J’aurais tant voulu en être un, mais c’est beaucoup trop difficile et réservé à des êtres d’exception. Je me suis dans ma vie toujours plutôt rapproché du sens djeun’z que du sens classique. Pour inaugurer ce début d’une année qui sera jubilaire pour ce Cri qu’on aime tant et qui, à l’approche de son 100è numéro (vénérable), se met à se regarder, s’introspecter ?
Le bouffon faisait partie de l’entourage d’un Roi, comme les Ministres, les danseuses et chanteuses, les vizirs, les hauts fonctionnaires, le petit personnel de cabinet, de chambre, d’office, les évêques... Le bouffon était le seul personnage pouvant sans conséquence se moquer du souverain, encore que la satire constituait toujours un risque voire un péril pour l’artiste. Les spectacles avaient souvent lieu lors de grands banquets où plusieurs vassaux festoyaient au côté de leurs seigneurs. Personnage de divertissement, oui, mais Érasme, dans son Eloge de la Folie, mentionne aussi l’autre rôle du bouffon : celui de révélateur, de miroir grotesque. Rôle attesté par le fait que les bouffons suivaient une réelle formation, qui était plus adaptée aux hommes d'esprit qu'aux réels crétins. Les bouffons ont une fonction dénonciatrice : le roi acceptait plus facilement quant un bouffon, un « fou » se moquait de lui ou du pouvoir, car cela ne prêtait pas à conséquence. Le fou pouvait donc mettre à jour toutes les vérités. Et ça c’est assez difficile à comprendre. Quel psychologue pourra m’expliquer l’intérêt qu’il y a à se faire publiquement ridiculiser quand on est le personnage le plus à respecter du pays ? Est-ce parce que le fait qu’il soit considéré comme fou annihilait complètement la teneur de ce qu’il disait ? Qu’il dise « caca prout », ça serait pareil.
Nous vous offrons pour les Etrennes un jeu interactif et délateur : Donnez-nous des noms de bouffons de notre temps (au sens classique, pas au sens djeun’z) que vous avez repérés en Bretagne.

Patrice Verdure
Quand j’s’rai grand j’s’rai bouffon

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Rugby, sexisme et culture

Vendredi 19 octobre. Soir de rugby, dur pour le spectacle vivant ! Mais pas du tout ! Ca va très bien, merci. Dans ma famille on s’est partagé. Ma femme s’est enthousiasmée comme rarement dans une Passerelle pleine pour L’Oratorio d’Aurélia, avec les descendantes Chaplin. Mon fils et 500 congénères terrassés de plaisir devant Emily Loizeau à Bleu Pluriel à Trégueux (trop de qualités, c’est pas juste !). Moi, à Plédran dans une salle Horizon pas mal remplie, surpris et bouleversé par une bête de scène dénommée Delphine Vespier, au service d’un texte sur Cuba beau et intéressant due à Fabienne Rocaboy, qualité de la mise en scène et de la scénographie, d’une esthétique sobre et efficace. Face au rugby, donc, une soirée réjouissante et très féminine, avec également Marthe Vassallo à Plérin, et Yelle qui aurait dû être mais a annulé à l’Appel d’Airs (pas parce qu’elle était au rugby, elle avait de bonnes raisons). Quelles réflexions cela vous inspire-t-il ?
Le mois d’octobre était assez féminin globalement, avec encore Jil Caplan, le Guetteuses, Adèle, Raphaëlle Garnier, Angélique Kidjo, Elena Rozanova, les Saints Paniqués, les actrices de la Folle Pensée avec Jarry, Nolwenn Korbell, Katell, les Trimarantes, la Femme de Gilles, la Marquise d’O, Vanda Benes, Guylaine Kasza...
Eh voilà ! Attention où je vous embarque ! Ces réflexions sexistes sont ridicules ! Suffit-il d’être une femme pour être remarquée (éventuellement se faire élire) ? Remarque-t-on un homme parce que c’est un homme ? Le talent ne se résume-t-il qu’à l’équation XX<>XY ? Doit-on mettre plus en lumière une femme parce que c’est plus difficile à percer pour elle que pour un homme (ce qui n’est pas complètement faux) ?
Pour ou contre la journée de la femme (qui d’ailleurs est en mars, pas en novembre !) ?

Patrice Verdure
Homme

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Prospective et calembours

Décembre 2007, numéro 89 du Cri de l’Ormeau. Il est temps de commencer à penser à décembre 2008, quand sortira le numéro 100 ! Eh oui ! En 1999 bien peu auraient misé un kopek sur la pérennité de ce vague projet imaginé par un immigré alsacien. Si les petits cochons ne le mangent pas (attention il y en a beaucoup dans le pays !) le dit Cri fêtera ce moment de façon jubilatoire, même si ce n’est pas un jubilé. Nous avons bien sûr déjà des idées sur ce qui se passera dans la semaine du 8 au 14 décembre 2008, mais peut-être vous aussi pourriez-vous en avoir à nous soumettre. N’hésitez pas.
A quoi servis-je ? A qui plus-je ? A qui souris-je ? En quoi crus-je ? A quoi bon bougé-je ? Qu'attends-je et vers où cours-je ?
Questions qu’on se pose chaque jour, et tout autant en ce 2008 jubilaire, et que tout le monde se pose sur soi-même, sauf les légumes et les cailloux.

Puisqu’on parle d’évolution, j’en connais deux qui s’interrogent fortement sur la leur. On peut peut-être les aider sur un point. On entend en effet souvent parler d’une possible fusion entre l’ADDM et l’ODDC. Il va sûrement se poser un jour le problème de la dénomination de cette institution. Pourquoi ne pas les aider en leur faisant des propositions. Au Cri nous en avons une : Art vivant en Armor. Sigle : pas A.V.A.M. mais A.V.A. AVA ? AVA bien merci. AVA ça alors ! AVA où comme ça ? Je ne veux pas l’AVA laid, je veux l’AVA beau. Où est né AVA ? AVA naquit là... A vous.

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Rebelles de nuit

Six café-concerts sur 77 disposent d’une licence d’entrepreneur de spectacle en Côtes d’Armor ! Le récent rapport de l’ADDM 22 sur la diffusion des musiques actuelles ne donnent pas les noms ! Que sont donc les 71 autres cafés ? Des bandits, des ignares, des rebelles ? Il y a plusieurs types d’établissements.
Animation de bar ou projet culturel ? La plupart font venir de jeunes groupes à jouer dans des conditions « difficiles », sans espace scénique, sans sono, sans rémunération, parfois même sans respect. Certains bars ont un véritable intérêt envers la musique et cherchent à la soutenir, mais pas tous.
Des rebelles ? Ils ne peuvent pas assumer tous ces frais d’organisation que sont : cachets, charges sociales, défraiements, frais techniques, isolation phonique, SACEM, fisc… Que doivent-ils faire ? Continuer à travailler dans la plus parfaite illégalité ou bien renoncer à être des tremplins pour tous ces jeunes groupes qui cherchent à exister ? Même avec des entrées payantes, ces cafés n’arriveront jamais à financer la légalité de leur fonctionnement. Quant au subventionnement, il ne sera que pour ceux qui auront réussi à soulever des montagnes : ce sont alors de vrais projets de lieux de spectacles dont l’aspect « débit de boissons » n’est pas premier.
Je ne veux pas jeter la pierre (ni la première ni la deuxième) à ces « gangsters », fous du Roi dans un monde policé. Ce que l’on peut regretter c’est que trop peu d’aventuriers se lancent dans la création de ce type de petits lieux de spectacles que sont les véritables cafés-concerts bien agencés. Mission impossible ? C’est vrai, mais n’empêche qu’il en existe quand-même !
Bien sûr l’institution ne peut pas tolérer ces pratiques sinon on court à l’anarchie. L’étude de l’ADDM est très intéressante, mais on comprend que seulement 51 % des cafés y aient répondu. Ce coefficient de réponse fausse probablement les résultats. Il faudrait en complément que soit menée une étude parallèle, qui irait fouiner dans tous ces endroits underground.
Rien d’étonnant à ce que la plupart de ces concerts en bars n’apparaissent pas dans le Cri de l’Ormeau : programmation tardive, au coup par coup, volonté d’une certaine discrétion (la SACEM est abonnée au Cri, elle devrait nous subventionner).
Consultez l'étude de l'ADDM sur la diffusion des musiques actuelles en Côtes d'Armor.

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Lannion fait la force

Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Dick Annegarn, au cours de son tour de chant au Carré Magique. Ca m’embête qu’il l’ait fait parce que j’aurais bien voulu le faire moi-même, d’ailleurs j’étais sur le point de le faire. Par contre son « tarte à Lannion », il peut le garder. Tout ça pour dire que Lannion, loin d’être tarte, est plutôt fortiche. Point. J’écris ça en espérant que ça sera lu par R Le Gal, successeur de Roger Le Roux à la tête du Carré Magique, pour le rassurer sur la ville où il va venir vivre quelques années.
Quand j’éditorialisais le mois dernier sur Saint-Brieuc, j’ai reçu des réactions très diverses : certains l’ont pris plutôt vache, et d’autres carrément sympa envers la ville. C’est drôle comme les propres sentiments d’un individu influencent son interprétation d’un fait (traduction approximative du grand philosophe Raymond von Weierstrassenberg-Guggenriementhal, fin XVIIIè-début XIVè, habitant Aubervilliers). Je ne sais plus très bien moi-même les sentiments qui m’animaient quand je l’ai écrit, ah oui, l’attraction-répulsion, comme Louis Guilloux.
Je vous vois venir, mais je ne vous permets pas de mettre en cause mes origines normandes pour expliquer mes chaud-froid, mes ni oui-ni non. D’abord je suis (j’étais) plus alsacien que normand, et ensuite je vous rappelle quand-même la bi-polarité de toutes choses en ce bas monde (comme me l’a enseigné Shri Nataraja Guru, grand sage hindou ayant vécu à Erhumalai Island près de Payyanur dans le Kérala au XXè siècle).
Dans cet édito de décembre, je proposais de créer un jeu I love Saint-Brieuc (titre à revoir !), où il s’agirait d’exprimer son amour envers la ville « dîtes-le, chantez-le, dessinez-le, exprimez-le ». On a déjà reçu quelques réponses. Je proposerais maintenant le jeu I love Lannion (titre à revoir ! Peignions Lannion ?). Allez-y, avec vos Brélévenez, Médiathèque flambant neuve, Carré Magique, Pixie, Valseuses, Imagerie, Ursulines, aéroport, Silicon Valley, Léguer, plages… c’est trop facile, mais choisissez la difficulté ! Un jury choisira les meilleures expressions de cette flamme, qui se verront récompensées (ça je le dis, mais faut encore constituer un jury, trouver des récompenses, et c’est pas gagné !)
Une suggestion pour être encore mieux capitale du Trégor : pourquoi ne pas créer un festival de cinéma d’horreur qui s’appellerait « festival très-gore » ?
Janvier le sort de personne.

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Devenez rédacteur du Cri de l’Ormeau

Récemment, un célèbre directeur d’une célèbre troupe de théâtre d’un département qui nous est célèbre me faisait remarquer qu’on traitait de façon un peu chiche les informations sur ses créations, et qu’apparemment on ne devait pas aimer ce qu’il faisait. Cette réflexion m’a touché, parce qu’il mettait le doigt sur un problème important au Cri. Un problème de frustration.
Vous avez peut-être remarqué (espérons-le !) que le Cri de l’Ormeau est structuré de la façon suivante : d’abord une partie “magazine” où sont présentées sous forme de brèves des infos culturelles diverses, présentations d’actions, de structures, de disques, livres, puis une partie agenda où sont présentées les manifestations du mois. Cette 2e partie est une sorte de listing plus ou moins développé d’infos qu’on nous fournit, quant à la 1re partie, elle est supposée être du journalisme.
Frustration de ne pouvoir développer plus cette partie magazine, où l’on met du nôtre dans ce qui est dit. Frustration de ne pouvoir mieux développer la présentation des manifestations. Nous sommes pris dans un piège. Nous devons d’abord bien nous occuper de ceux qui croient en nous en contribuant financièrement. Mais nous souhaiterions aussi développer mieux certaines actions qui nous intéressent particulièrement. Malheureusement nous ne sommes que 2 pour réaliser tout ce travail, et ne pouvons financer qu’un nombre limité de pages.
Donc excusez-nous Monsieur le directeur de troupe, mais nous n’arrivons pas à faire mieux pour parler de votre travail qui, sachez le, nous intéresse vraiment beaucoup (ce n’est pas de la langue de bois).
Et excusez-nous, chers lecteurs, de vous importuner avec nos frustrations. Tout le monde en a dans l’exercice de son travail.
Et nous avons quand-même le privilège, qui n’est pas donné à tout le monde, de faire un travail absolument passionnant.
Aidez-nous à enrichir le contenu du Cri de l’Ormeau : vous avez vu un spectacle, vous avez quelque chose à dire sur la vie culturelle... Ecrivez (bénévolement) un article, il passera (peut-être) sur www.cridelormeau.com.

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OH ! DITES-nous ce que vous en pensez

L’un dit :
Grâce à notre intervention, il y a de l’action culturelle dans tout le département. Si nous cherchions à redistribuer ces moyens financiers à des initiatives privées, je ne suis pas sûr qu’il y en ait tant que ça.

L’autre dit :
La Culture en Côtes d’Armor est trop institutionnelle. On n’octroie que peu de moyens à l’initiative privée. Il y a trop d’argent pour l’organisation par rapport au peu qu’il y a pour la création.

Moi je dis :
Au sein de l’institution, il y a des gens bourrés de talent, qui mènent de magnifiques actions culturelles qui rendent jaloux beaucoup de départements français. Ils ont le bonheur d’avoir les moyens nécessaires à propulser leur action. Ce sont les hydroglisseurs de l’action culturelle.
Et puis il y a beaucoup de créateurs qui ont de belles idées, et qui doivent ramer pour se diriger vers leur destination. Ce sont les Gérard d’Aboville de l’action culturelle.
Je connais beaucoup d’exemples, mais je pense en particulier ce mois-ci au Théâtre de Kérano, à l’Ile de Bréhat, qui avait un projet événementiel, mais qui a dû l’abandonner faute d’aides suffisantes.
Il y a plein de maladresses dans tous les coins et de tous les bords. Ici au Cri, on les connaît tous, et on voit bien comment chacun est intéressant, passionné, maladroit, et on sent bien comment ça coince, mais on n’a ni le talent ni les moyens d’être des médiateurs, et ce n’est pas notre rôle. Nous aussi sommes passionnés et maladroits, des Gérard d’Aboville de la presse.

Cette question vous intéresse, donnez votre avis.
Oh ! dîtes-nous ce que vous pensez, SVP !

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Je vous écris du Costarmorica

Pour vous peuples de la Terre qui me lirez peut-être un jour, dans 10 jours ou dans 1 000 ans, il faut que vous sachiez !
Le Costarmorica est un petit pays méconnu situé à l’Ouest du Monde. Oui à l’Ouest, on peut bien dire que les peuplades de cette contrée le sont !
Contrairement aux coutumes de certains autres pays dits « à l’Est », où l’on envoie les personnes âgées, devenues improductives, dans des lieux reculés et désertiques pour qu’elles y meurent, ici on on en attire un maximum. Le Costarmorica est peut-être une de ces antichambres du Purgatoire. Par contre-coup ce sont les jeunes qu’on laisse partir vers des pays moins à l’Ouest.
Quand j’ai abordé aux rivages de cette terre, j’ai rencontré quelques chefs de tribus qui ont bien essayé de me faire fuir, mais leurs cris d’orfraie n’ont réussi qu’à me retenir. En général, je m’évertue à faire le contraire de ce qu’on me conseille. Je n’avais pourtant pas l’âge de me retirer en attendant la mort.
Le hasard a fait que j’y ai très vite découvert des secrets. En fouillant sous la surface, j’ai découvert, qu’il y a en fait dans ce pays quantité d’esprits créatifs, subtils, inventifs, innovants, ouverts à l’étranger de passage. Je m’y suis attaché.
A suivre...

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On a la chair de poule

Même si on n’est pas des poules mouillées, ce n’est pas le moment de se faire traiter de tous les noms d’oiseaux, ni d’être des pigeons ou encore moins le dindon de la farce, sinon on va se faire plumer, et on devra porter plainte chez les poulets. Oui mon poussin, le canard qu’on réalise chaque mois, on en est fier comme un coq. J’ai essayé de prendre ma meilleure plume pour écrire, mais je me rends compte que notre canard de mars est plein comme un œuf et sûrement plein de coquilles. Bien sûr, mais on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Même si cet édito ne casse pas 3 pattes à un canard, il ne faut pas nous prendre pour des oies blanches. Je ne veux pas être oiseau de mauvais augure, mais à force de faire le pied de grue à attendre la poule aux œufs d’or, il nous faut beaucoup de qualités : avoir un appétit de moineau, être gai comme un pinson, même par un froid de canard, avoir un regard d’aigle.
Mais on ne craint rien : on n’est pas des emplumés, puisqu’on est des ormeaux, mais il fallait bien exorciser ce méchant virus.

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Dans l’humanité, il y a 2 catégories

1 - ceux qui ne connaissent pas le Cri de l’Ormeau
2 - ceux qui connaissent le Cri de l’Ormeau
Catégorie intermédiaire : ceux qui en ont vaguement entendu parler
Dans la catégorie 2, il y a :
2-1 - ceux qui considèrent qu’il est inutile ou inintéressant
2-2 - ceux qui considèrent qu’il est utile ou intéressant (éventuellement à améliorer)
Catégorie intermédiaire : ceux qui disent qu’on pourrait bien s’en passer, mais qu’il ne fait pas de mal qu’il existe
Dans la catégorie 2-2, il y a :
2-2-1 - ceux qui y cherchent de l’info
2-2-2 - ceux qui y véhiculent de l’info (et qui en cherchent aussi)
Dans la catégorie 2-2-2, il y a :
2-2-2-1 - ceux qui considèrent que c’est un service public à leur disposition, avec tous les moyens financiers, humains, logistiques nécessaires : ils n’apportent aucune contribution financière à son existence (pas de noms, ils se reconnaîtront)
2-2-2-2 - ceux qui ont compris que c’est une initiative privée, associative, cherchant à mettre en valeur le dynamisme culturel du territoire, avec de faibles moyens : ils contribuent financièrement à son existence
Catégorie intermédiaire : ceux qui apportent une contribution minime, sans commune mesure avec leurs moyens.

Tout ça pour dire que nous ne sommes effectivement pas un service public, mais un service pour le public. Nous sommes une grosse équipe de 2 (deux) permanents semi-bénévoles. En ce moment on a envie de se faire un peu plaisir en travaillant sur de nouvelles idées, par exemple des soirées rencontres Echos de l’Ormeau, une web-télé aux débuts balbutiants...
Conclusions : on vous laisse les tirer vous-mêmes.

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Méchant Noël !

Le Père Noël ne t’a pas apporté les cadeaux que tu avais souhaités. Il n’y avait pas dans tes petits souliers de salle de musiques actuelles à St-Brieuc, Lannion, Dinan, de café-spectacle digne de ce nom, de programmation jazz, de musée d’art moderne, de radio ni télé libre et intéressante, de ciné-club, de public dans ta salle, de contrat d’engagement, de médiathèque, de Zénith...
Alors pour cette nouvelle année, tu vas prendre de fortes résolutions. Tu ne vas plus attendre que tes divinités tutélaires exaucent tes souhaits. Tu vas crier, faire, manifester, passer à l’acte, assiéger, investir, imposer, squatter, louer une friche, entreprendre, initialiser…
Non, je déconne, arrête, c’était pour rire (même pas drôle) ! Tu vas t’attirer des ennuis, et après tu n’auras plus rien ! Calme-toi ! Non, ne pars pas ! Reste ici ! Ca va s’arranger ! On a besoin de ton cerveau ! Il ne faut pas croire qu’il fait toujours plus beau ailleurs !
Ah j’oubliais : BONNE ANNEE BONNE SANTE !

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Eloge de la camelote

« Pouvez-vous me faire un équipement culturel moins cher, dans le genre Distri-Center ? Conditions, phoniques, acoustiques ? Pas besoin. Chauffage ? On n’a qu’à garder son manteau. »
Il a raison ce Maire (un Maire de fiction, bien entendu !). On ne va plus à notre époque recommencer les erreurs du passé. Ces châteaux-forts qu’on mettait des dizaines d’années à construire... 1 000 ans plus tard ils existent encore. Et le frigo que mon grand-père a depuis 40 ans, alors que j’en change tous les 5 ans. « Votre imprimante, vous l’avez depuis combien de temps ? 2 ans ! Ah oui, alors c’est normal qu’elle soit en panne. Faut en changer ».
La qualité est une fausse qualité. Il faut faire de la camelote (restons poli), c’est ça qui fait marcher l’économie et lutte contre le chômage ! Dur métier de constructeur, pris entre le risque d’être trop cher et celui d’être attaqué pour vice de construction !
Le progrès économique et social, c’est des émissions de télé juste bonnes à préparer les cerveaux à la réception de messages commerciaux, des chansons formatées, des maisons Borloo, des meubles en purée, de la nourriture lyophilisée, des pensées uniques, des langues de bois, des opiums de pauvres, des commerces inéquitables, des intolérances...
On n’a pas les moyens de se payer mieux ! Est-ce bien certain ?
Dans le domaine culturel, le Cri de l’Ormeau essaie d’être un îlot de qualité, un village d’Astérix de la communication. Accompagnez-le dans cette démarche.

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DC

On est confronté régulièrement à des questionnements sur le rôle de l’action culturelle dans la société.
« 90 % des moyens de l’action culturelle sert à 10 % de la population »,
« la gratuité : usagers responsables plutôt que clients solvables »,
« les places offertes par les lieux de spectacles aux gens nécessiteux, par l‘entremise de Cultures du Cœur, ne sont même pas toutes utilisées »,
« faut-il offrir aux gens ce qu’il demande ou bien s’efforcer de leur faire connaître ce qu’ils ne connaissent pas ? »,
« c'est à la faveur de l'ignorance que certaines doctrines fatales passent de l'esprit impitoyable des théoriciens dans le cerveau confus de multitudes » (Victor Hugo), « les missions d’une Scène Nationale peuvent-elles inclure une programmation régulière de concerts métal punk ? »
« Ce n’est pas l’abaissement des prix ou même la gratuité complète qui supprimera les inégalités culturelles ; au contraire, la politique de subvention aux places renforce ces inégalités en favorisant la part du public qui possède déjà à la fois la culture, les motivations et les moyens de se cultiver. »

Pour étayer nos réflexions, je vous invite à lire un texte intitulé Les 3 DC de la politique culturelle,où l’on trouve analysés les points suivants:
L’épuisement de la « Démocratisation Culturelle », du « Développement Culturel », de la « Démocratie Culturelle ».
Inefficacité, le non-public, la libération par la culture, les doutes sur les impacts, l’aliénation des individus, l’indispensable animation, le socio-culturel a perdu très tôt le combat de la valeur artistique des pratiques culturelles...

Ce texte date de juin 2005. Il est d’un certain docteur Kasimir Bisou, médecin des « pompes spéciales », qui nous dit aussi « Quand on pompait avec ça, non seulement il ne se passait rien, comme avec une pompe shadok ordinaire, mais plus on pompait, plus il n’y avait rien qui se passait... C’était quand même une sécurité ! »

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Cet édito, j’en donne pas cher

Environ 70 % du millier de manifestations culturelles de l’été costarmoricain ont été gratuites. Ce n’est pas tellement facile pour les organisations payantes. Il faut bien que le financement d’une opération vienne de quelque part. Ces organisations qui ne sont pas prises en charge à 100 % par des financements publics ont un esprit entreprenant aventurier et méritent un coup de chapeau.
Profitons-en pour nous poser des questions sur la gratuité.
Le philosophe Jean-Louis Sagot-Duvauroux, dans un texte de 1995, fait un éloge de la gratuité qui relève d’une vision du monde peut-être un peu utopique !!!
« Pourquoi la gratuité ? Parce qu'elle existe. Parce qu'elle est l'inverse du marché qui se présente aujourd'hui, de façon si pesante, comme l'horizon du projet humain. Parce qu'elle provoque, là où elle se déploie, une sympathie presque générale. Parce que la permanence d'espaces de gratuité enfonce un coin dans la toute-puissance de l'argent. Parce qu'aucune existence ne se vit sans être confrontée aux valeurs essentielles dont elle s'environne... » texte complet.
Lisons aussi les commentaires de ce texte écrit par Mona Chollet sur www.peripheries.net, qui a quelques belles formules : « Le mythe du paradis terrestre est, depuis des milliers d’années, un symptôme du profond désir de gratuité ; Usagers responsables plutôt que clients solvables ; Le Net, laboratoire de l’affrontement entre logique marchande et logique de gratuité ; La gratuité nous invite à aimer ce qu’elle offre pour ce que c’est, non pour ce que ça vaut ».
Visitez aussi le site du Centre de recherches sur la gratuité.
C’est beau la gratuité, mais il y a aussi le revers de la médaille. Comment la financer ? Comment ne pas être inféodé à ses financeurs ? L’artiste n’est-il pas aussi un travailleur qui mérite rémunération ? L’usager d’une prestation gratuite a souvent tendance à penser que « puisque c’est gratuit, c’est que ce n’est probablement pas assez intéressant pour être payant », et se permettra donc d’avoir une attention réduite.
Et le Cri de l’Ormeau ? Vous avez peut-être remarqué qu’il est aussi gratuit. Comment diable est-ce possible ? On se le demande, mais l’imaginez-vous autrement ?

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Amis artistes, vous appartenez à un monde archaïque !

C’est la loi de Baumol qui le dit. Permettez-moi de vous rappeler ce que disait ce M Baumol, économiste américain, il y a quelques dizaines d’années.
Le spectacle vivant est, du point de vue de la structure du travail, un secteur « archaïque », caractérisé par une productivité faible du travail, et surtout où les gains de productivité ne peuvent être que minces. Le travail y est en effet constitutif du produit fini, il ne saurait être remplacé sans que le produit soit dénaturé. Or les salaires des métiers artistiques s’alignent sur ceux des autres secteurs (quoique moins vite), où les progrès techniques ont entraîné d’importantes hausses de productivité. Les coûts relatifs du spectacle vivant ne peuvent donc que croître, et seule une hausse du prix du billet peut compenser en partie cette hausse, au risque de réduire la demande et les recettes.
Seule une augmentation de la qualité des spectacles semble mobilisable pour justifier une augmentation des prix qui ne détourne pas le consommateur de fréquenter les salles. Mais le public s'habitue à ce haut niveau d'exigence en réclamant des spectacles toujours plus somptueux, ce qui entraîne à nouveau un renchérissement des coûts, lié à la nécessité de donner des spectacles incorporant un haut degré de qualité et d'innovation.
En réalité, le travail n’est pas tout à fait incompressible. On compense parfois la hausse structurelle des coûts par un « déficit artistique » ; un acteur tient plusieurs rôles, on diminue le nombre de répétitions, on représente moins d’auteurs vivants.
Allez voir un texte intéressant sur la politique culturelle, issu d’un séminaire à l’Ecole Normale Supérieure www.eleves.ens.fr/pollens/seminaire/seances/culture/polit-cult.htm.

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Le secret de la réussite

C’est un secret de Polichinelle : pour réussir dans la vie, il faut travailler. C’est une banale généralité qui rencontre beaucoup d’exceptions : certains travaillent beaucoup sans vraiment réussir, certains réussissent sans avoir beaucoup à travailler, aidés par la chance, l’arnaque, la magouille. C’est vrai qu’il y a beaucoup d’injustice, et je ne vais pas vous l’apprendre.
Prenons l’exemple de la création artistique costarmoricaine. Elle est plutôt foisonnante, et on constate le plus souvent que les meilleurs résultats sont donnés par les créateurs à qui on a donné les moyens de travailler beaucoup. « Donner les moyens », c’est quoi ? C’est accueillir en résidence dans un centre culturel, apporter des aides matérielles, à la mise en scène, proposer une co-production, allouer une subvention… Bien sûr tous les créateurs ne vont pas se voir octroyer des telles aides. Sur quels critères vont-elles être attribuées ? C’est une chose délicate !
Considérons les résultats. Le jeu en vaut la chandelle ! Nid de Coucou a récemment joué à Strasbourg (« le meilleur spectacle que j’ai vu depuis longtemps » avouait une dame qui en voit pourtant beaucoup). Adèle Bleu, Aude Brenner avec Terres d’Amour et d’ailleurs, Annie Ebrel, Jabadao de Gaby Kerdoncuff, Marthe Vassallo avec Nebaon, M Ogh, D’Ac, Marlu, Julien Simon, Emma la Clown, Escale Dédale, Kej, Je t’aime papa de Philippe Saumont… Prêtons attention en avril à Michel Aumont / Markus Schmid, AK Entrepôt, Kaïdara par la Cie Marche Pied, Ar Sirk Bihan, Peau Mémoire par Grégoire & Co… Certains réussissent quand-même très bien sans ça, mais d’autres, dotés pourtant de grandes qualités, feraient bien mieux s’ils étaient dotés de telles capacités de travail.
Sachons être reconnaissants envers ceux qui investissent dans la culture, ceux qui savent que « La culture donne à l’homme la capacité de réflexion sur lui-même. C’est elle qui fait de nous des êtres humains, rationnels, critiques et éthiquement engagés. C’est par elle que l’homme s’exprime, recherche inlassablement de nouvelles significations et crée des œuvres qui le transcendent » (UNESCO 1982).
Un point faible : tous ces excellents spectacles mériteraient bien de sortir de leur région. Trop peu de personnes ou d’organismes s’occupent de les faire tourner, et c’est bien dommage. Il y a encore du travail de ce côté-là !

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