QUELQUES EDITOS DES TEMPS PASSES
Bouffon |
Dans lhumanité, il y a 2 catégories (février 2006) Merci de nous faire part de vos opinions par mail ou le Forum. |
Pour Jean-Pierre Coffe, c’est un gros mot. « Bouffons pas, mangeons ! »
En djeun'z, le sens de « bouffon » va jusqu'à « fayot », puis finalement à toute personne respectueuse de l'ordre existant, c’est-à-dire qu'à force d'extension, le sens s'est quasiment inversé par rapport à ce qu’était un bouffon à une époque que nous n’avons pas connue, même la regrettée Jeanne Calmant.
Quoiqu’ ! Mais oui, il en existe toujours !
Mais pourquoi parlé-je de bouffon ? C’est une fonction qui m’a toujours fasciné. J’aurais tant voulu en être un, mais c’est beaucoup trop difficile et réservé à des êtres d’exception. Je me suis dans ma vie toujours plutôt rapproché du sens djeun’z que du sens classique. Pour inaugurer ce début d’une année qui sera jubilaire pour ce Cri qu’on aime tant et qui, à l’approche de son 100è numéro (vénérable), se met à se regarder, s’introspecter ?
Le bouffon faisait partie de l’entourage d’un Roi, comme les Ministres, les danseuses et chanteuses, les vizirs, les hauts fonctionnaires, le petit personnel de cabinet, de chambre, d’office, les évêques... Le bouffon était le seul personnage pouvant sans conséquence se moquer du souverain, encore que la satire constituait toujours un risque voire un péril pour l’artiste. Les spectacles avaient souvent lieu lors de grands banquets où plusieurs vassaux festoyaient au côté de leurs seigneurs. Personnage de divertissement, oui, mais Érasme, dans son Eloge de la Folie, mentionne aussi l’autre rôle du bouffon : celui de révélateur, de miroir grotesque. Rôle attesté par le fait que les bouffons suivaient une réelle formation, qui était plus adaptée aux hommes d'esprit qu'aux réels crétins. Les bouffons ont une fonction dénonciatrice : le roi acceptait plus facilement quant un bouffon, un « fou » se moquait de lui ou du pouvoir, car cela ne prêtait pas à conséquence. Le fou pouvait donc mettre à jour toutes les vérités. Et ça c’est assez difficile à comprendre. Quel psychologue pourra m’expliquer l’intérêt qu’il y a à se faire publiquement ridiculiser quand on est le personnage le plus à respecter du pays ? Est-ce parce que le fait qu’il soit considéré comme fou annihilait complètement la teneur de ce qu’il disait ? Qu’il dise « caca prout », ça serait pareil.
Nous vous offrons pour les Etrennes un jeu interactif et délateur : Donnez-nous des noms de bouffons de notre temps (au sens classique, pas au sens djeun’z) que vous avez repérés en Bretagne.
Patrice Verdure
Quand j’s’rai grand j’s’rai bouffon
Vendredi 19 octobre. Soir de rugby, dur pour le spectacle vivant ! Mais pas du tout ! Ca va très bien, merci. Dans ma famille on s’est partagé. Ma femme s’est enthousiasmée comme rarement dans une Passerelle pleine pour L’Oratorio d’Aurélia, avec les descendantes Chaplin. Mon fils et 500 congénères terrassés de plaisir devant Emily Loizeau à Bleu Pluriel à Trégueux (trop de qualités, c’est pas juste !). Moi, à Plédran dans une salle Horizon pas mal remplie, surpris et bouleversé par une bête de scène dénommée Delphine Vespier, au service d’un texte sur Cuba beau et intéressant due à Fabienne Rocaboy, qualité de la mise en scène et de la scénographie, d’une esthétique sobre et efficace. Face au rugby, donc, une soirée réjouissante et très féminine, avec également Marthe Vassallo à Plérin, et Yelle qui aurait dû être mais a annulé à l’Appel d’Airs (pas parce qu’elle était au rugby, elle avait de bonnes raisons). Quelles réflexions cela vous inspire-t-il ?
Le mois d’octobre était assez féminin globalement, avec encore Jil Caplan, le Guetteuses, Adèle, Raphaëlle Garnier, Angélique Kidjo, Elena Rozanova, les Saints Paniqués, les actrices de la Folle Pensée avec Jarry, Nolwenn Korbell, Katell, les Trimarantes, la Femme de Gilles, la Marquise d’O, Vanda Benes, Guylaine Kasza...
Eh voilà ! Attention où je vous embarque ! Ces réflexions sexistes sont ridicules ! Suffit-il d’être une femme pour être remarquée (éventuellement se faire élire) ? Remarque-t-on un homme parce que c’est un homme ? Le talent ne se résume-t-il qu’à l’équation XX<>XY ? Doit-on mettre plus en lumière une femme parce que c’est plus difficile à percer pour elle que pour un homme (ce qui n’est pas complètement faux) ?
Pour ou contre la journée de la femme (qui d’ailleurs est en mars, pas en novembre !) ?
Patrice Verdure
Homme
Décembre 2007, numéro 89 du Cri de l’Ormeau. Il est temps de commencer à penser à décembre 2008, quand sortira le numéro 100 ! Eh oui ! En 1999 bien peu auraient misé un kopek sur la pérennité de ce vague projet imaginé par un immigré alsacien. Si les petits cochons ne le mangent pas (attention il y en a beaucoup dans le pays !) le dit Cri fêtera ce moment de façon jubilatoire, même si ce n’est pas un jubilé. Nous avons bien sûr déjà des idées sur ce qui se passera dans la semaine du 8 au 14 décembre 2008, mais peut-être vous aussi pourriez-vous en avoir à nous soumettre. N’hésitez pas.
A quoi servis-je ? A qui plus-je ? A qui souris-je ? En quoi crus-je ? A quoi bon bougé-je ? Qu'attends-je et vers où cours-je ?
Questions qu’on se pose chaque jour, et tout autant en ce 2008 jubilaire, et que tout le monde se pose sur soi-même, sauf les légumes et les cailloux.
Puisqu’on parle d’évolution, j’en connais deux qui s’interrogent fortement sur la leur. On peut peut-être les aider sur un point. On entend en effet souvent parler d’une possible fusion entre l’ADDM et l’ODDC. Il va sûrement se poser un jour le problème de la dénomination de cette institution. Pourquoi ne pas les aider en leur faisant des propositions. Au Cri nous en avons une : Art vivant en Armor. Sigle : pas A.V.A.M. mais A.V.A. AVA ? AVA bien merci. AVA ça alors ! AVA où comme ça ? Je ne veux pas l’AVA laid, je veux l’AVA beau. Où est né AVA ? AVA naquit là... A vous.
Six café-concerts sur 77 disposent d’une licence d’entrepreneur de spectacle en Côtes d’Armor ! Le récent rapport de l’ADDM 22 sur la diffusion des musiques actuelles ne donnent pas les noms ! Que sont donc les 71 autres cafés ? Des bandits, des ignares, des rebelles ? Il y a plusieurs types d’établissements.
Animation de bar ou projet culturel ? La plupart font venir de jeunes groupes à jouer dans des conditions « difficiles », sans espace scénique, sans sono, sans rémunération, parfois même sans respect. Certains bars ont un véritable intérêt envers la musique et cherchent à la soutenir, mais pas tous.
Des rebelles ? Ils ne peuvent pas assumer tous ces frais d’organisation que sont : cachets, charges sociales, défraiements, frais techniques, isolation phonique, SACEM, fisc… Que doivent-ils faire ? Continuer à travailler dans la plus parfaite illégalité ou bien renoncer à être des tremplins pour tous ces jeunes groupes qui cherchent à exister ? Même avec des entrées payantes, ces cafés n’arriveront jamais à financer la légalité de leur fonctionnement. Quant au subventionnement, il ne sera que pour ceux qui auront réussi à soulever des montagnes : ce sont alors de vrais projets de lieux de spectacles dont l’aspect « débit de boissons » n’est pas premier.
Je ne veux pas jeter la pierre (ni la première ni la deuxième) à ces « gangsters », fous du Roi dans un monde policé. Ce que l’on peut regretter c’est que trop peu d’aventuriers se lancent dans la création de ce type de petits lieux de spectacles que sont les véritables cafés-concerts bien agencés. Mission impossible ? C’est vrai, mais n’empêche qu’il en existe quand-même !
Bien sûr l’institution ne peut pas tolérer ces pratiques sinon on court à l’anarchie. L’étude de l’ADDM est très intéressante, mais on comprend que seulement 51 % des cafés y aient répondu. Ce coefficient de réponse fausse probablement les résultats. Il faudrait en complément que soit menée une étude parallèle, qui irait fouiner dans tous ces endroits underground.
Rien d’étonnant à ce que la plupart de ces concerts en bars n’apparaissent pas dans le Cri de l’Ormeau : programmation tardive, au coup par coup, volonté d’une certaine discrétion (la SACEM est abonnée au Cri, elle devrait nous subventionner).
Consultez l'étude de l'ADDM sur la diffusion des musiques actuelles en Côtes d'Armor.
Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Dick Annegarn, au cours de son tour de chant au Carré Magique. Ca m’embête qu’il l’ait fait parce que j’aurais bien voulu le faire moi-même, d’ailleurs j’étais sur le point de le faire. Par contre son « tarte à Lannion », il peut le garder. Tout ça pour dire que Lannion, loin d’être tarte, est plutôt fortiche. Point. J’écris ça en espérant que ça sera lu par R Le Gal, successeur de Roger Le Roux à la tête du Carré Magique, pour le rassurer sur la ville où il va venir vivre quelques années.
Quand j’éditorialisais le mois dernier sur Saint-Brieuc, j’ai reçu des réactions très diverses : certains l’ont pris plutôt vache, et d’autres carrément sympa envers la ville. C’est drôle comme les propres sentiments d’un individu influencent son interprétation d’un fait (traduction approximative du grand philosophe Raymond von Weierstrassenberg-Guggenriementhal, fin XVIIIè-début XIVè, habitant Aubervilliers). Je ne sais plus très bien moi-même les sentiments qui m’animaient quand je l’ai écrit, ah oui, l’attraction-répulsion, comme Louis Guilloux.
Je vous vois venir, mais je ne vous permets pas de mettre en cause mes origines normandes pour expliquer mes chaud-froid, mes ni oui-ni non. D’abord je suis (j’étais) plus alsacien que normand, et ensuite je vous rappelle quand-même la bi-polarité de toutes choses en ce bas monde (comme me l’a enseigné Shri Nataraja Guru, grand sage hindou ayant vécu à Erhumalai Island près de Payyanur dans le Kérala au XXè siècle).
Dans cet édito de décembre, je proposais de créer un jeu I love Saint-Brieuc (titre à revoir !), où il s’agirait d’exprimer son amour envers la ville « dîtes-le, chantez-le, dessinez-le, exprimez-le ». On a déjà reçu quelques réponses. Je proposerais maintenant le jeu I love Lannion (titre à revoir ! Peignions Lannion ?). Allez-y, avec vos Brélévenez, Médiathèque flambant neuve, Carré Magique, Pixie, Valseuses, Imagerie, Ursulines, aéroport, Silicon Valley, Léguer, plages… c’est trop facile, mais choisissez la difficulté ! Un jury choisira les meilleures expressions de cette flamme, qui se verront récompensées (ça je le dis, mais faut encore constituer un jury, trouver des récompenses, et c’est pas gagné !)
Une suggestion pour être encore mieux capitale du Trégor : pourquoi ne pas créer un festival de cinéma d’horreur qui s’appellerait « festival très-gore » ?
Janvier le sort de personne.
Devenez rédacteur du Cri de lOrmeau
Récemment, un célèbre directeur dune célèbre
troupe de théâtre dun département qui nous est célèbre
me faisait remarquer quon traitait de façon un peu chiche les informations
sur ses créations, et quapparemment on ne devait pas aimer ce quil
faisait. Cette réflexion ma touché, parce quil mettait
le doigt sur un problème important au Cri. Un problème de frustration.
Vous avez peut-être remarqué (espérons-le !) que le Cri
de lOrmeau est structuré de la façon suivante : dabord
une partie magazine où sont présentées sous
forme de brèves des infos culturelles diverses, présentations
dactions, de structures, de disques, livres, puis une partie agenda où
sont présentées les manifestations du mois. Cette 2e partie est
une sorte de listing plus ou moins développé dinfos quon
nous fournit, quant à la 1re partie, elle est supposée être
du journalisme.
Frustration de ne pouvoir développer plus cette partie magazine, où
lon met du nôtre dans ce qui est dit. Frustration de ne pouvoir
mieux développer la présentation des manifestations. Nous sommes
pris dans un piège. Nous devons dabord bien nous occuper de ceux
qui croient en nous en contribuant financièrement. Mais nous souhaiterions
aussi développer mieux certaines actions qui nous intéressent
particulièrement. Malheureusement nous ne sommes que 2 pour réaliser
tout ce travail, et ne pouvons financer quun nombre limité de pages.
Donc excusez-nous Monsieur le directeur de troupe, mais nous narrivons
pas à faire mieux pour parler de votre travail qui, sachez le, nous intéresse
vraiment beaucoup (ce nest pas de la langue de bois).
Et excusez-nous, chers lecteurs, de vous importuner avec nos frustrations. Tout
le monde en a dans lexercice de son travail.
Et nous avons quand-même le privilège, qui nest pas donné
à tout le monde, de faire un travail absolument passionnant.
Aidez-nous à enrichir le contenu du Cri de lOrmeau : vous avez
vu un spectacle, vous avez quelque chose à dire sur la vie culturelle...
Ecrivez (bénévolement) un article, il passera (peut-être)
sur www.cridelormeau.com.
OH ! DITES-nous ce que vous en pensez
Lun dit :
Grâce à notre intervention, il y a de laction culturelle
dans tout le département. Si nous cherchions à redistribuer ces
moyens financiers à des initiatives privées, je ne suis pas sûr
quil y en ait tant que ça.
Lautre dit :
La Culture en Côtes dArmor est trop institutionnelle. On noctroie
que peu de moyens à linitiative privée. Il y a trop dargent
pour lorganisation par rapport au peu quil y a pour la création.
Moi je dis :
Au sein de linstitution, il y a des gens bourrés de talent, qui
mènent de magnifiques actions culturelles qui rendent jaloux beaucoup
de départements français. Ils ont le bonheur davoir les
moyens nécessaires à propulser leur action. Ce sont les hydroglisseurs
de laction culturelle.
Et puis il y a beaucoup de créateurs qui ont de belles idées,
et qui doivent ramer pour se diriger vers leur destination. Ce sont les Gérard
dAboville de laction culturelle.
Je connais beaucoup dexemples, mais je pense en particulier ce mois-ci
au Théâtre de Kérano, à lIle de Bréhat,
qui avait un projet événementiel, mais qui a dû labandonner
faute daides suffisantes.
Il y a plein de maladresses dans tous les coins et de tous les bords. Ici au
Cri, on les connaît tous, et on voit bien comment chacun est intéressant,
passionné, maladroit, et on sent bien comment ça coince, mais
on na ni le talent ni les moyens dêtre des médiateurs,
et ce nest pas notre rôle. Nous aussi sommes passionnés et
maladroits, des Gérard dAboville de la presse.
Cette question vous intéresse, donnez
votre avis.
Oh ! dîtes-nous ce que vous pensez, SVP !
Pour vous peuples de la Terre qui me lirez peut-être un jour, dans 10
jours ou dans 1 000 ans, il faut que vous sachiez !
Le Costarmorica est un petit pays méconnu situé à lOuest
du Monde. Oui à lOuest, on peut bien dire que les peuplades de
cette contrée le sont !
Contrairement aux coutumes de certains autres pays dits « à lEst
», où lon envoie les personnes âgées, devenues
improductives, dans des lieux reculés et désertiques pour quelles
y meurent, ici on on en attire un maximum. Le Costarmorica est peut-être
une de ces antichambres du Purgatoire. Par contre-coup ce sont les jeunes quon
laisse partir vers des pays moins à lOuest.
Quand jai abordé aux rivages de cette terre, jai rencontré
quelques chefs de tribus qui ont bien essayé de me faire fuir, mais leurs
cris dorfraie nont réussi quà me retenir. En
général, je mévertue à faire le contraire
de ce quon me conseille. Je navais pourtant pas lâge
de me retirer en attendant la mort.
Le hasard a fait que jy ai très vite découvert des secrets.
En fouillant sous la surface, jai découvert, quil y a en
fait dans ce pays quantité desprits créatifs, subtils, inventifs,
innovants, ouverts à létranger de passage. Je my suis
attaché.
A suivre...
Même si on nest pas des poules mouillées, ce nest
pas le moment de se faire traiter de tous les noms doiseaux, ni dêtre
des pigeons ou encore moins le dindon de la farce, sinon on va se faire plumer,
et on devra porter plainte chez les poulets. Oui mon poussin, le canard quon
réalise chaque mois, on en est fier comme un coq. Jai essayé
de prendre ma meilleure plume pour écrire, mais je me rends compte que
notre canard de mars est plein comme un uf et sûrement plein de
coquilles. Bien sûr, mais on ne fait pas domelette sans casser des
ufs. Même si cet édito ne casse pas 3 pattes à un
canard, il ne faut pas nous prendre pour des oies blanches. Je ne veux pas être
oiseau de mauvais augure, mais à force de faire le pied de grue à
attendre la poule aux ufs dor, il nous faut beaucoup de qualités
: avoir un appétit de moineau, être gai comme un pinson, même
par un froid de canard, avoir un regard daigle.
Mais on ne craint rien : on nest pas des emplumés, puisquon
est des ormeaux, mais il fallait bien exorciser ce méchant virus.
Dans lhumanité, il y a 2 catégories
1 - ceux qui ne connaissent pas le Cri de lOrmeau
2 - ceux qui connaissent le Cri de lOrmeau
Catégorie intermédiaire : ceux qui en ont vaguement entendu parler
Dans la catégorie 2, il y a :
2-1 - ceux qui considèrent quil est inutile ou inintéressant
2-2 - ceux qui considèrent quil est utile ou intéressant
(éventuellement à améliorer)
Catégorie intermédiaire : ceux qui disent quon pourrait
bien sen passer, mais quil ne fait pas de mal quil existe
Dans la catégorie 2-2, il y a :
2-2-1 - ceux qui y cherchent de linfo
2-2-2 - ceux qui y véhiculent de linfo (et qui en cherchent aussi)
Dans la catégorie 2-2-2, il y a :
2-2-2-1 - ceux qui considèrent que cest un service public à
leur disposition, avec tous les moyens financiers, humains, logistiques nécessaires
: ils napportent aucune contribution financière à son existence
(pas de noms, ils se reconnaîtront)
2-2-2-2 - ceux qui ont compris que cest une initiative privée,
associative, cherchant à mettre en valeur le dynamisme culturel du territoire,
avec de faibles moyens : ils contribuent financièrement à son
existence
Catégorie intermédiaire : ceux qui apportent une contribution
minime, sans commune mesure avec leurs moyens.
Tout ça pour dire que nous ne sommes effectivement pas un service public,
mais un service pour le public. Nous sommes une grosse équipe de 2 (deux)
permanents semi-bénévoles. En ce moment on a envie de se faire
un peu plaisir en travaillant sur de nouvelles idées, par exemple des
soirées rencontres Echos de lOrmeau, une web-télé
aux débuts balbutiants...
Conclusions : on vous laisse les tirer vous-mêmes.
Le Père Noël ne ta pas apporté les cadeaux que tu
avais souhaités. Il ny avait pas dans tes petits souliers de salle
de musiques actuelles à St-Brieuc, Lannion, Dinan, de café-spectacle
digne de ce nom, de programmation jazz, de musée dart moderne,
de radio ni télé libre et intéressante, de ciné-club,
de public dans ta salle, de contrat dengagement, de médiathèque,
de Zénith...
Alors pour cette nouvelle année, tu vas prendre de fortes résolutions.
Tu ne vas plus attendre que tes divinités tutélaires exaucent
tes souhaits. Tu vas crier, faire, manifester, passer à lacte,
assiéger, investir, imposer, squatter, louer une friche, entreprendre,
initialiser
Non, je déconne, arrête, cétait pour rire (même
pas drôle) ! Tu vas tattirer des ennuis, et après tu nauras
plus rien ! Calme-toi ! Non, ne pars pas ! Reste ici ! Ca va sarranger
! On a besoin de ton cerveau ! Il ne faut pas croire quil fait toujours
plus beau ailleurs !
Ah joubliais : BONNE ANNEE BONNE SANTE !
« Pouvez-vous me faire un équipement culturel moins cher, dans
le genre Distri-Center ? Conditions, phoniques, acoustiques ? Pas besoin. Chauffage
? On na quà garder son manteau. »
Il a raison ce Maire (un Maire de fiction, bien entendu !). On ne va plus à
notre époque recommencer les erreurs du passé. Ces châteaux-forts
quon mettait des dizaines dannées à construire...
1 000 ans plus tard ils existent encore. Et le frigo que mon grand-père
a depuis 40 ans, alors que jen change tous les 5 ans. « Votre imprimante,
vous lavez depuis combien de temps ? 2 ans ! Ah oui, alors cest
normal quelle soit en panne. Faut en changer ».
La qualité est une fausse qualité. Il faut faire de la camelote
(restons poli), cest ça qui fait marcher léconomie
et lutte contre le chômage ! Dur métier de constructeur, pris entre
le risque dêtre trop cher et celui dêtre attaqué
pour vice de construction !
Le progrès économique et social, cest des émissions
de télé juste bonnes à préparer les cerveaux à
la réception de messages commerciaux, des chansons formatées,
des maisons Borloo, des meubles en purée, de la nourriture lyophilisée,
des pensées uniques, des langues de bois, des opiums de pauvres, des
commerces inéquitables, des intolérances...
On na pas les moyens de se payer mieux ! Est-ce bien certain ?
Dans le domaine culturel, le Cri de lOrmeau essaie dêtre un
îlot de qualité, un village dAstérix de la communication.
Accompagnez-le dans cette démarche.
On est confronté régulièrement à des questionnements
sur le rôle de laction culturelle dans la société.
« 90 % des moyens de laction culturelle sert à 10 % de la
population »,
« la
gratuité : usagers responsables plutôt que clients solvables
»,
« les places offertes par les lieux de spectacles aux gens nécessiteux,
par lentremise de Cultures du Cur, ne sont même pas toutes
utilisées »,
« faut-il offrir aux gens ce quil demande ou bien sefforcer
de leur faire connaître ce quils ne connaissent pas ? »,
« c'est à la faveur de l'ignorance que certaines doctrines fatales
passent de l'esprit impitoyable des théoriciens dans le cerveau confus
de multitudes » (Victor
Hugo), « les missions dune Scène Nationale peuvent-elles
inclure une programmation régulière de concerts métal punk
? »
« Ce nest pas labaissement des prix ou même la gratuité
complète qui supprimera les inégalités culturelles ; au
contraire, la politique de subvention aux places renforce ces inégalités
en favorisant la part du public qui possède déjà à
la fois la culture, les motivations et les moyens de se cultiver. »
Pour étayer nos réflexions, je vous invite à lire un texte
intitulé Les
3 DC de la politique culturelle,où lon trouve analysés
les points suivants:
Lépuisement de la « Démocratisation Culturelle »,
du « Développement Culturel », de la « Démocratie
Culturelle ».
Inefficacité, le non-public, la libération par la culture, les
doutes sur les impacts, laliénation des individus, lindispensable
animation, le socio-culturel a perdu très tôt le combat de la valeur
artistique des pratiques culturelles...
Ce texte date de juin 2005. Il est dun certain docteur Kasimir Bisou, médecin des « pompes spéciales », qui nous dit aussi « Quand on pompait avec ça, non seulement il ne se passait rien, comme avec une pompe shadok ordinaire, mais plus on pompait, plus il ny avait rien qui se passait... Cétait quand même une sécurité ! »
Environ 70 % du millier de manifestations culturelles de lété
costarmoricain ont été gratuites. Ce nest pas tellement
facile pour les organisations payantes. Il faut bien que le financement dune
opération vienne de quelque part. Ces organisations qui ne sont pas prises
en charge à 100 % par des financements publics ont un esprit entreprenant
aventurier et méritent un coup de chapeau.
Profitons-en pour nous poser des questions sur la gratuité.
Le philosophe Jean-Louis Sagot-Duvauroux, dans un texte de 1995, fait un éloge
de la gratuité qui relève dune vision du monde peut-être
un peu utopique !!!
« Pourquoi la gratuité ? Parce qu'elle existe. Parce qu'elle est
l'inverse du marché qui se présente aujourd'hui, de façon
si pesante, comme l'horizon du projet humain. Parce qu'elle provoque, là
où elle se déploie, une sympathie presque générale.
Parce que la permanence d'espaces de gratuité enfonce un coin dans la
toute-puissance de l'argent. Parce qu'aucune existence ne se vit sans être
confrontée aux valeurs essentielles dont elle s'environne... »
texte complet.
Lisons aussi les commentaires de ce texte écrit par Mona Chollet sur
www.peripheries.net, qui a quelques belles formules : « Le mythe du paradis
terrestre est, depuis des milliers dannées, un symptôme du
profond désir de gratuité ; Usagers responsables plutôt
que clients solvables ; Le Net, laboratoire de laffrontement entre logique
marchande et logique de gratuité ; La gratuité nous invite à
aimer ce quelle offre pour ce que cest, non pour ce que ça
vaut ».
Visitez aussi le
site du Centre de recherches sur la gratuité.
Cest beau la gratuité, mais il y a aussi le revers de la médaille.
Comment la financer ? Comment ne pas être inféodé à
ses financeurs ? Lartiste nest-il pas aussi un travailleur qui mérite
rémunération ? Lusager dune prestation gratuite a
souvent tendance à penser que « puisque cest gratuit, cest
que ce nest probablement pas assez intéressant pour être
payant », et se permettra donc davoir une attention réduite.
Et le Cri de lOrmeau ? Vous avez peut-être remarqué quil
est aussi gratuit. Comment diable est-ce possible ? On se le demande, mais limaginez-vous
autrement ?
Amis artistes, vous appartenez à un monde archaïque !
Cest la loi de Baumol qui le dit. Permettez-moi de vous rappeler ce que
disait ce M Baumol, économiste américain, il y a quelques dizaines
dannées.
Le spectacle vivant est, du point de vue de la structure du travail, un secteur
« archaïque », caractérisé par une productivité
faible du travail, et surtout où les gains de productivité ne
peuvent être que minces. Le travail y est en effet constitutif du produit
fini, il ne saurait être remplacé sans que le produit soit dénaturé.
Or les salaires des métiers artistiques salignent sur ceux des
autres secteurs (quoique moins vite), où les progrès techniques
ont entraîné dimportantes hausses de productivité.
Les coûts relatifs du spectacle vivant ne peuvent donc que croître,
et seule une hausse du prix du billet peut compenser en partie cette hausse,
au risque de réduire la demande et les recettes.
Seule une augmentation de la qualité des spectacles semble mobilisable
pour justifier une augmentation des prix qui ne détourne pas le consommateur
de fréquenter les salles. Mais le public s'habitue à ce haut niveau
d'exigence en réclamant des spectacles toujours plus somptueux, ce qui
entraîne à nouveau un renchérissement des coûts, lié
à la nécessité de donner des spectacles incorporant un
haut degré de qualité et d'innovation.
En réalité, le travail nest pas tout à fait incompressible.
On compense parfois la hausse structurelle des coûts par un « déficit
artistique » ; un acteur tient plusieurs rôles, on diminue le nombre
de répétitions, on représente moins dauteurs vivants.
Allez voir un texte intéressant sur la politique culturelle, issu dun
séminaire à lEcole Normale Supérieure www.eleves.ens.fr/pollens/seminaire/seances/culture/polit-cult.htm.
Cest un secret de Polichinelle : pour réussir dans la vie, il
faut travailler. Cest une banale généralité qui rencontre
beaucoup dexceptions : certains travaillent beaucoup sans vraiment réussir,
certains réussissent sans avoir beaucoup à travailler, aidés
par la chance, larnaque, la magouille. Cest vrai quil y a
beaucoup dinjustice, et je ne vais pas vous lapprendre.
Prenons lexemple de la création artistique costarmoricaine. Elle
est plutôt foisonnante, et on constate le plus souvent que les meilleurs
résultats sont donnés par les créateurs à qui on
a donné les moyens de travailler beaucoup. « Donner les moyens
», cest quoi ? Cest accueillir en résidence dans un
centre culturel, apporter des aides matérielles, à la mise en
scène, proposer une co-production, allouer une subvention
Bien
sûr tous les créateurs ne vont pas se voir octroyer des telles
aides. Sur quels critères vont-elles être attribuées ? Cest
une chose délicate !
Considérons les résultats. Le jeu en vaut la chandelle ! Nid de
Coucou a récemment joué à Strasbourg (« le meilleur
spectacle que jai vu depuis longtemps » avouait une dame qui en
voit pourtant beaucoup). Adèle Bleu, Aude Brenner avec Terres dAmour
et dailleurs, Annie Ebrel, Jabadao de Gaby Kerdoncuff, Marthe Vassallo
avec Nebaon, M Ogh, DAc, Marlu, Julien Simon, Emma la Clown, Escale Dédale,
Kej, Je taime papa de Philippe Saumont
Prêtons attention en
avril à Michel Aumont / Markus Schmid, AK Entrepôt, Kaïdara
par la Cie Marche Pied, Ar Sirk Bihan, Peau Mémoire par Grégoire
& Co
Certains réussissent quand-même très bien
sans ça, mais dautres, dotés pourtant de grandes qualités,
feraient bien mieux sils étaient dotés de telles capacités
de travail.
Sachons être reconnaissants envers ceux qui investissent dans la culture,
ceux qui savent que « La culture donne à lhomme la capacité
de réflexion sur lui-même. Cest elle qui fait de nous des
êtres humains, rationnels, critiques et éthiquement engagés.
Cest par elle que lhomme sexprime, recherche inlassablement
de nouvelles significations et crée des uvres qui le transcendent
» (UNESCO 1982).
Un point faible : tous ces excellents spectacles mériteraient bien de
sortir de leur région. Trop peu de personnes ou dorganismes soccupent
de les faire tourner, et cest bien dommage. Il y a encore du travail de
ce côté-là !