Comité Economique et Social de Saint- Brieuc

 

 

La culture à Saint-Brieuc au travers de l'image de la ville

 

 

 

Sommaire

 

 

 

 

 

Préambule

 

 

 

Introduction

 

 

A) Une vie culturelle et associative riche...

           

            I)         Le tissu associatif culturel

            II)        Les équipements culturels et socioculturels

            III)       Le patrimoine industriel, artisanal, culinaire...

 

 

B) ... mais Saint-Brieuc est une ville trop calme notamment pour les jeunes

 

 

En guise de conclusion, quelques propositions du CES

 


La culture à Saint- Brieuc au travers de l'image de la ville

 

 

Rapport 2004/2005 du Comité Economique et Social de Saint-Brieuc présenté en

séance plénière du Conseil Municipal du 10 avril 2006

 

 

Préambule

 

Le travail du Comité Economique et Social (CES) sur ce rapport s'étend de septembre 2004 à juin 2005. La présentation de ce rapport se trouve donc un peu décalée et certaines situations ont pu évoluer.

 

"La culture à Saint-Brieuc", deuxième thème choisi par les membres du C.E.S. en début du mandat 2003/2006, fait suite à "l'espace urbain briochin" et précède l’intercommunalité". Ces trois années de réflexions apporteront peut-être un éclairage différent sur "l'image de Saint-Brieuc".

 

Nous avons pu progresser dans nos travaux grâce aux interventions de : Thierry Simelière Maire-Adjoint à la culture, Michel Bullier des Pinceaux Léonard, Jean-Luc Toquet de la Base nature de la Ville Oger, Barbara Belloeil de la Briqueterie, Marylise Le Gac et Yves Trouinard directeurs des MJC, Stéphane Lher pour le Cercle Sportif et Culturel de la Croix Lambert et Cité Rap, Julie Lemaire de Gazibul théâtre, Josée Le Caroff et Françoise Berthou pour le Carnaval de l'Ouest, Jean-Pierre Lucas Régisseur-programmateur de la Ville et René Lorre de Saint-Brieuc Animations, Marine Bedel de la DRAC, Marie-Christine Duréault-Thoméré de l'Association Départementale de Danse et de Musique (ADDM), Patrice Verdure du Cri de l'Ormeau, Dominique Viel pour "Lire et faire lire" (et membre du CES)...

 

Un grand merci aux autres personnes qui ont bien voulu apporter leur contribution ainsi qu'aux membres du CES sans qui ce travail n'aurait pu être réalisé. Le CES fonctionne en toute indépendance et les échanges dans un climat serein malgré parfois des différences de point de vue contribuent au bon développement des thèmes abordés.

 

 

Introduction

 

 

"On admettra que la culture ne saurait être réduite à sa seule dimension artistique mais elle englobe tout ce qui permet d'appréhender le monde, de s'y situer et d'y agir individuellement et collectivement", (texte extrait d'un colloque de la politique culturelle de Grenoble en 2001).

 

            La culture s'inscrit dans toutes les structures sociales. Elle est une dynamique incluse dans les institutions et n'existe que par les individus qui la vivent et chacun y participe à sa mesure. Aborder le thème de la culture nous amène donc automatiquement à parler des échanges entre les hommes, les groupes, les sociétés, les entreprises, les institutions.

            Le CES est allé à leur rencontre ce qui lui a permis de mieux cerner les différents atouts potentiels et formes de culture dont Saint-Brieuc s'enrichit ou pourrait s'enrichir.

Nous avons exploré, sans pouvoir dans certains cas, approfondir faute de temps :

            >  les  moyens  existants  ou  à se  donner  pour  atteindre  les  objectifs  des différents acteurs culturels;

            >   les rôles que ces derniers jouent dans la dynamique sociale et économique de la ville et ce qu'ils attendent de cette dernière.

 

            Nous avons essayé d'établir un état des lieux le plus objectif possible afin de mieux cerner les souhaits des Briochines et Briochins.

 

A) Une vie culturelle et associative riche...

 

I) Le tissu associatif culturel

 

            Saint Brieuc peut se féliciter du grand nombre d'associations culturelles, 300 environ, faisant vivre et animant les quartiers et la ville de Saint-Brieuc. Elles répondent pour l'essentiel aux besoins des briochins sur le plan des loisirs. C'est leur principal objectif avec toute la dimension sociale qu'elles comportent comme le démontrent certains événements soutenus par celles-ci.

 

            Pour illustrer ces propos nous avons rencontré des responsables associatifs qui ont bien voulu s'entretenir avec nous des actions qu'ils mènent.

 

1- Cité Rap

            Organisation et partenariat impliquant : le Cercle Sportif et Culturel de la Croix Lambert, les MJC de Saint-Brieuc et Lamballe, l'ADDM, l'ODDC, divers centres culturels du département, le service prévention jeunesse, la Ville, le Département, la Région...

 

            Le CSCCL a pour objectif de développer la citoyenneté, de trouver une place aux jeunes sur le quartier, de leur permettre de s'investir dans une action collective. Quarante adultes bénévoles et des aides ponctuelles d'animateurs-jeunes encadrent cette manifestation. "Cité Rap", née il y a 6 ans, permet à ces jeunes de donner une meilleure image de cette culture - sur laquelle encore beaucoup d'idées fausses sont véhiculées notamment par les médias - et d'eux-mêmes. Cela leur permet également de s'exprimer et de se valoriser. Ce festival a largement dépassé les limites de Saint-Brieuc et même du département.

 

            Il est nécessaire d'encourager des manifestations d'envergure dans les quartiers, à la fois culturelles et citoyennes qui permettent aux jeunes d'en être les acteurs.

 

            Le manque d'un permanent affecté à Cité Rap semble être une de ses préoccupations.

 

 

2- Le Carnaval du Grand Ouest

            L'association Confettis gère actuellement cette manifestation. Sa Présidente insiste sur le rôle fédérateur du Carnaval sur la ville en aval de son côté festif, il a pour but de développer la démarche participative pour valoriser les savoir-faire des habitants et de créer du lien en favorisant la concertation entre les acteurs du quartier et l'échange entre les participants. Le carnaval s'étend d'année en année. En 2004, 7 nouvelles associations rejoignent le collectif, 25 groupes, écoles, structures d'insertion, de handicapés, issus de tous les quartiers défilent jusqu'à Robien. 4 à 5000 spectateurs les accompagnent sur le circuit.

 

            Le plus important pour le Carnaval est de démontrer la vitalité des quartiers et d'inciter les Briochins à y participer par leur soutien le long du parcours ou par leur intégration dans le défilé. Pour associer tout le monde à un tel projet il est nécessaire de recruter des animateurs qualifiés ce qui induit un coût.

 

            Le collectif rencontre certaines difficultés dans la recherche de subventions, la quête à chaque édition d'un local pour la construction des chars. Le manque de lieu de stockage permanent induit un surcoût pour la préparation du carnaval. En effet, après chaque édition il faut détruire les chars et se débarrasser des matériaux pourtant réutilisables. L'absence d'interlocuteur clairement identifié au sein des services municipaux ne facilite pas cette organisation.

 

 

3- La Fête à Léon

            Elle remonte à la rénovation des tours de la Croix-Lambert. Son objectif : créer des activités culturelles sur le quartier où l'habitat social est important. Son but aujourd'hui est de décentraliser la vie culturelle, de proposer une culture de qualité tout en associant professionnels et amateurs afin de créer du lien social et valoriser ce qui se passe sur le quartier.

 

            De la discussion au sein du C.E.S. est ressorti principalement un besoin certes de coordination technique et de subventions mais surtout de coordination de la réflexion et un besoin de reconnaissance.

 

 

4- La Sauce aux Gravos

            Création liée à la mise en place de concerts sur le site du Wagon, utilisation de salles de répétitions en accès libre et gratuit.

 

            Cette association ne sollicite aucune subvention, souhaite fonctionner en autofinancement mais désirerait une salle, forte de ses 300 adhérents (cotisation 1 euro par an) pour 30 membres actifs. Elle aimerait être reconnue association culturelle.

 

 

5- Cultures du cœur 22

            Association nationale qui œuvre sur le département et notamment sur Saint-Brieuc dont le slogan est : La culture est un luxe, partageons-la ! L'Association considère avoir un devoir sur l'exclusion culturelle.

 

            Son action consiste notamment à collecter des places de spectacles, de manifestations sportives ou d'activités de loisirs et de les mettre à la disposition des personnes bénéficiaires des minima sociaux sur l'ensemble du département.

 

            Cette association travaille en partenariat avec la Passerelle, Scène Nationale et a commencé à développer des projets d'animations dans les quartiers (de l'Europe) afin d'y apporter un peu de rêve, d'évasion, de culture et faire découvrir ce que les personnes n'osent parfois même pas envisager tant cela leur semble inaccessible. C'est une association qui mérite d'être reconnue.

 

 

6- Gazibul théâtre

            Né il y a 25 ans, son but : travailler auprès du jeune public. L'Association a rapidement ressenti le besoin d'avoir son propre espace, la Maison du Théâtre, pour élargir son action au-delà des projets pédagogiques menés avec les écoles. De nombreux colloques font état de la place du théâtre dans le développement de l'enfant. La Maison du Théâtre Jeune Public a franchi une nouvelle étape, depuis un an elle propose une programmation qui complète celle de la Passerelle et de Bleu Pluriel.

 

            On peut toutefois regretter que le dernier Festival National du Théâtre pour la Jeunesse n'ait pu se tenir à la Passerelle. Il est dommage que les élus locaux ne puissent décider de ce qui peut se faire dans un lieu comme la Passerelle, compte tenu de la pénurie de salles sur la ville. Fort heureusement, le Festival a été accueilli dans la salle de "Bleu Pluriel" à Trégueux.

 

 

7- Les Comités de quartier

            L'importance et la diversité des actions conduites sous l'égide des Comités de quartier mériteraient une analyse approfondie ce que nous n'avons pu faire faute de temps. Quelques réflexions émergent malgré tout :

 

            Les activités culturelles des comités ne sont qu'une petite proportion des activités proposées sur Saint-Brieuc. Sur 318 associations culturelles celles des comités en représentent 7%. Néanmoins le rôle des comités apparaît important dans l'animation et la vie des quartiers en favorisant la rencontre entre les habitants et en leur permettant un accès à des activités culturelles. Il est à souligner plus particulièrement pour les quartiers non desservis par un centre social (Ville Jouha, Robien, Cesson) le rôle des comités et l'investissement considérable des bénévoles.

 

            Des souhaits ont été émis, que les informations sur les manifestations culturelles organisées par la Ville soient adressées suffisamment tôt pour que les Comités les relayent et que certaines animations culturelles soient décentralisées dans les quartiers. Les comités sont des partenaires incontournables de la vie culturelle briochine.

 

 

8- Les Centres Sociaux

            Les Centres sociaux ne sont pas des structures associatives à Saint-Brieuc, ils résultent d'un partenariat Ville et Caisse d'Allocations Familiales et participent fortement à l'animation des quartiers.

 

            Ils favorisent la rencontre et l'échange entre les habitants à travers l'élaboration des journaux de quartier, l'organisation de sorties collectives, la participation aux événements tels que le Carnaval de l'Ouest, "1.2.3 couleurs", la fête interculturelle "Tissé mêlé" au Plateau, "la Fête à Léon" à la Croix Saint-Lambert...

 

            "Tissé Mêlé" est un moment fort de ces animations. Cette manifestation annuelle permet de faire connaître les différentes cultures, favorise les rencontres, crée du lien social et valorise les activités dans un projet commun à travers les spectacles de danse, musique et chant de différent pays. Elle favorise également l'intergénération en associant les enfants, les jeunes et les adultes.

 

 

9- La Base Nature de la Ville Oger

            Créée il y a 25 ans par le Comité des quartiers de la Croix Saint-Lambert et le CSCCL dans le cadre d'un projet atypique de réserve foncière, la Base Nature poursuit ses activités d'éveil et d'éducation à l'environnement en permettant aux enfants de découvrir les plantes, les animaux... en famille ou dans le cadre scolaire (1400 élèves sont accueillis mensuellement).

 

            L'avenir de cet excellent outil d'accès à une culture, est étroitement lié à ses sources de financement. Les Villes de Saint-Brieuc, Trégueux et le Conseil général lui permettent jusqu'à présent de fonctionner avec 6 permanents dont 4 emplois-jeunes mais leur pérennité pose question. De plus le rayonnement de la ferme mérite que la CABRI soit sollicitée financièrement afin de se diriger vers la reconnaissance d'une culture de Pays et non plus seulement briochine.

 

 

10- L'Université du Temps Libre de Saint-Brieuc

            Créée en 1985, elle est rattachée à l'UTL Bretagne. En 2001, se créée une association 1901 à Saint-Brieuc ouverte à tous publics sans condition d'âge ni de diplôme, 3 pôles se détachent de ses activités : les conférences, les cours, les voyages culturels à thème.

 

            Elle souhaiterait développer sa place dans l'image culturelle de la Ville mais paradoxalement semble méconnaître la politique culturelle de la Ville. Comme de nombreuses associations, elle connaît des problèmes de locaux (bureau, salle de conférences, de cours...)

 

 

 

 

 

II) Les équipements culturels et socioculturels

 

1 - Deux MJC

            II existe une certaine complémentarité entre les MJC, du Point du Jour et du Plateau.

 

            La MJC c'est aussi la culture de l'apprentissage, ce qui justifie l'existence de plusieurs conventions avec la Ville : culture, jeunesse (prévention) sport, multimédia et un lien de mixité culturelle et artistique.

 

            Un certain malaise affecte la MJC du Point du Jour. La dégradation régulière tant des locaux que de l'atmosphère du fait de certains jeunes semble vouloir déboucher sur la fermeture du secteur jeunes. Le travail des animateurs de la MJC serait donc principalement axé sur la musique. Il apparaît pourtant que le nombre de jeunes est en augmentation sur le secteur et qu'ils sont demandeurs d'activités (cf. Police Sport Prévention). N'est ce pas le rôle primordial des MJC de les accompagner dans des projets, de les aider à les réaliser, afin de les valoriser et les rendre citoyens à part entière ?

 

            L'association "La Citrouille" logée par la MJC du Point du Jour attend toujours une salle de musiques actuelles ou au moins la rénovation de l'existante. Peut-être la solution viendra-t-elle du groupe de travail associant Ville Département et Région ?

 

            Une situation géographique différente, à un croisement de quartiers, peut peut-être expliquer que la MJC du Plateau ne connaît pas les mêmes difficultés que celle du Point du Jour. Fort de 400 adhérents soit 50% des effectifs, le nouvel espace danse est né de l'activité danse préexistante, danses du monde, danses urbaines, trois studios de musique... L'espace jeunes - 100 jeunes de 12 à 20 ans - possède une entrée séparée ce qui évite une surcharge des locaux.

 

            La MJC travaille en partenariat avec les Festivals Art Rock et Cité Rap, également avec la Passerelle cette année pour "Babel Danse" et l'an dernier pour l'opération "Priz'unique" dans le cadre d'un projet commun.

 

 

2- La Bibliothèque Municipale et ses annexes de Cesson et Croix Lambert

            Créée en 1794 à partir d'ouvrages des congrégations religieuses et des émigrés, ouverte au public en 1806, la bibliothèque évolue au fil du temps et propose en 2001 l'accès à Internet et développe le prêt de disques et CD Rom. La bibliothèque de la Croix Lambert propose maintenant des prêts de D.V.D.

 

            Forte de ses 8000 abonnés la bibliothèque est aussi ouverte vers l'extérieur contrairement à certaines idées reçues. Elle s'adresse à la petite enfance et à l'enfance et développe des actions en direction des Centres de Protection Maternelle et Infantile, des assistantes maternelles et des écoles. 2319 textes sont destinés aux mal-voyants et non voyants. Une intervention à la maison d'arrêt a lieu tous les 15 jours et des livres y circulent chaque semaine. "Le rôle des bibliothèques et des médiathèques est le libre accès à tous les supports" (Thierry Simelière en séance du C.E.S./septembre 2005).

 

            Les actions de médiation (comme le fait ATD Quart Monde) sont essentielles car elles s'inscrivent dans une politique de proximité, de prévention de l'illettrisme, aident à surmonter les difficultés à construire des connaissances et une culture. Il est nécessaire de les mener aussi bien auprès des enfants que des adultes.

 

 

3- L'Ecole Nationale de Musique et de Danse de Saint-Brieuc (ENMD)

            Elément incontournable de la culture, elle est essentiellement fréquentée, selon une étude récente, par des élèves issus des quartiers Saint-Michel et du centre. Il existe donc certaines barrières à l'accès de l'ENMD qui ne sont pas seulement financières mais aussi sociologiques, familiales.

 

            Une école au niveau de l'agglomération et riche de 900 élèves permettrait une mutualisation des moyens.

 

            Les locaux actuels sont vétustés, mal adaptés et ne permettent pas un accès à tous. L'achat de l'ancien Carmel par la Ville laisse espérer une Cité de la culture répondant aux besoins des diverses associations ainsi qu'à l'ambition d'une ville comme Saint-Brieuc.

 

 

4- La Passerelle, Scène Nationale

            Cette Scène Nationale propose des spectacles de qualité mais pas toujours abordables par tous. Certains soulignent un "décalage" avec l'attente du public.

 

            Ses statuts ne permettent pas toujours d'accueillir les associations locales. La Société d'émulation (dont la bibliothèque est hébergée par la Ville au dernier étage du Musée) regrette quant à elle de n'être plus accueillie pour ses conférences au Petit Théâtre.

 

            La Passerelle possédant la seule grande salle (la Salle Louis (Suilloux) de Saint-Brieuc et compte tenu de la pénurie de salles déjà évoquée, une utilisation plus large paraît indispensable. En outre, à l'heure où les Centres culturels émergent dans l'agglomération, ne pourrait-on pas envisager une plus grande collaboration avec les salles des autres communes de la CABRI (intercommunalité) afin de proposer encore plus de programmes avec une spécificité accentuée ?

 

 

5- Le Musée des Beaux Arts

            Avec la gratuité de son accès, la fréquentation est en augmentation : 34 000 visiteurs en 2003 (le double par rapport à 2002). Cela permet aussi aux visiteurs de revenir plusieurs fois pour une exposition.

 

            La Ville et la Direction culturelle ont su apprécier à sa juste valeur l'outil qu'est le Musée. L'accueil pourrait y être amélioré et un travail en réseau avec les autres musées paraît souhaitable.

 

 

III - Le patrimoine industriel, artisanal, culinaire...

 

            Il nous est apparu important de souligner certains aspects du patrimoine industriel souvent méconnu ou même ignoré. Il y a urgence si l'on veut que les générations le connaissent et se l'approprient. Le patrimoine industriel ce n'est pas seulement des bâtiments, des machines, c'est également des techniques et du savoir-faire.

 

            C'est par exemple grâce en partie à la Brosserie Bullier (ou Pinceaux Léonard) installée à Saint-Brieuc depuis 1866, que la Ville s'affirme aux côtés de l'allemande Nuremberg, comme l'une des deux capitales européennes de la production. Cette entreprise qui a su préserver son savoir-faire, ses outils de production, ses archives fait partie intégrante de l'histoire économique et sociale de Saint-Brieuc.

 

            Elle a attiré d'autres industries telles que Pitet et Sauer. C'est une industrie « ancrée dans la mémoire des Briochins qu'il conviendrait peut être de sauvegarder et mettre en valeur comme l'a fait la Briqueterie.

 

            Ces entreprises tout comme Sombre et Meuse, maintenant Manoir Industrie, les Forges et Laminoirs aujourd'hui disparues, le Joint français, Chaffoteaux et Maury ; (MTS) sont indissociables de la vie briochine et ont participé à la configuration de la ville. Il nous paraît intéressant que la partie patrimoine du Musée se saisisse des témoignages enregistrés, des objets en lien avec des visites d'entreprises. Ceci ne pourrait qu'enrichir l'histoire de Saint-Brieuc.

 

            Bien que non implantés sur le territoire briochin, mais afin de diversifier sa réflexion sur la culture, le CES a invité La Briqueterie de Langueux et s'est rendu à Véhipôle et à la Cité du Goût à Plouf ragan.

 

            La Briqueterie est située sur le site d'une ancienne tuilerie-briqueterie qui a fonctionné avec les ouvriers issus de Langueux, Million et de Saint-Brieuc (en particulier de Cesson). D'autres activités - présentes sur le site - sont venues naturellement se greffer pour constituer un Ecomusée de la Baie soulignant ainsi le lien entre l'homme et la baie. Gérée par la CABRI, elle espère, en s'associant avec la Ville de Langueux lors du "Festival de la vielle" et à l'ODDC dans le cadre "du Festival des Petits Riens", se faire connaître dans l'agglomération et au-delà., Le travail en réseau est un de ses souhaits qui pourrait être développé notamment avec le Musée de Saint-Brieuc.

 

            S'ils sont situés sur Ploufragan, le Véhipôle et la Cité du Goût au sein du Campus des Métiers et de l'Artisanat (200 personnes y travaillent) rayonnent néanmoins sur Saint-Brieuc. Une grande place est faite à l'artisanat et aux PME. Pour Pascal Pellan l'actuel Secrétaire général, l'avenir de l'artisanat repose sur les connaissances et la culture. Le partenariat avec Ouest-France pour "A nous la science" en est une illustration. Première Cité de l'Automobile en France, avec la "route du futur", Véhipôle forme les jeunes CAP et ingénieurs et est en voie de réalisation de "Véhipôle 2", un centre de formation à distance via Internet sur 14 pays étrangers.

 

            Pour avoir été fort bien reçus à la Cité du Goût et y être retournés, on peut affirmer que l'art culinaire fait partie de la culture et mérite d'être reconnu. Et comme le dit Pascal Pellan : "les épices sont comme la ponctuation en littérature".

 

 

B) ... mais Saint-Brieuc est une ville trop calme notamment pour les jeunes

 

            II semblerait donc que Saint-Brieuc possède des outils et un potentiel non négligeable. Pourtant aux yeux de certains, Saint-Brieuc serait "une ville trop calme !" "Il ne s'y passe rien !"          .

 

            Cela en fera réagir plus d'un mais il faut reconnaître que les Briochines et Briochins ne sont guère noctambules. Les restaurants en général ferment relativement tôt, les Briochins n'ont que peu l'habitude de dîner après un spectacle ou une sortie.

 

            L'installation des cinémas en périphérie briochine risque d'accentuer cette impression de ville sans vie le soir. (En outre, les transports ou plutôt le manque de transports vers ces mêmes cinémas n'en facilitent pas l'accès). Dans son rapport précédent, le CES préconisait d'ailleurs : " la culture doit avoir toute sa place" dans le nouvel espace du Champ de Mars, un deuxième cinéma...

 

            Saint-Brieuc s'anime l'été lors des "Nocturnes" proposées par la Ville en association avec "Saint-Brieuc Animations" de même qu'au moment des fêtes de fin d'année où des concerts sont proposés gratuitement dans différents lieux.

 

            On ne peut ignorer le succès que rencontrent les concerts sandwichs, pauses musicales conviviales. Les opérations ponctuelles telles "Sortez de chez vous" ou la dernière en date "la Ballade à Brassens" en septembre dernier qui malgré la concurrence d'un soleil d'été et de la foire exposition a drainé un public nombreux à travers les rues et places du vieux Saint-Brieuc. Les groupes de Saint-Brieuc et ceux venus de la périphérie briochine et de plus loin encore, Nantes, Paris ... ont rendu un vivant hommage à ce Georges que certains ont pu croiser dans les rues de Lézardrieux. Expériences à renouveler sans aucun doute. Tout ceci démontre s'il en était besoin que le public répond dès lors que la programmation l'intéresse.

 

            Mais "Attention à ce que la programmation culturelle ne vieillisse plus vite que la population de Saint-Brieucl" comme s'en inquiète un journaliste de média pour la jeunesse. Il suggère notamment que les animations d'été soient renouvelées en cours d'année en essayant de cibler davantage le public jeune.

 

            Il est reproché bien souvent une communication incomplète. Pourtant "le Griffon", "le Cri de l'Ormeau", la presse locale relaient de façon nette et précise les informations concernant les spectacles en tous genres mais encore faut-il se donner la peine de chercher ! Il faut malgré tout rester vigilant.

 

 

 

 

En guise de conclusion, quelques propositions du CES

 

 

Comme on peut le constater la vie culturelle à Saint-Brieuc est riche, elle nécessite néanmoins un soutien permanent et régulier.

 

Dans ce sens le CES suggère :

 

1. La création d'un lieu d'expression culturelle de moyenne dimension, 3 ou 400 places permettant d'accueillir théâtre, concerts, conférences.... dans un lieu adapté aux exigences que requièrent ces types de prestations ainsi que la mutualisation des salles existantes.

 

2. Une médiathèque pensée à l'échelon du territoire.

 

3. La création d'une structure ou d'un poste de réfèrent qui centraliserait les informations. Cela permettrait une meilleure répartition des spectacles et animations sur la ville, faciliterait la gestion des salles et aiderait les associations qui peinent parfois à trouver le bon interlocuteur.

 

4. La création d'un "pass culture" ne pourrait-il pas être envisagé afin de permettre aux jeunes d'accéder à des spectacles, au cinéma... ?

 

5. De ré instaurer le prêt d'œuvres d'art ou de reproductions de qualité, déjà expérimenté avec un certain succès il y a quelques années à Saint-Brieuc.

 

6. D'impulser à la façon de l'ADDM, un développement là où il y a des manques, soutenir les associations (aide à la coordination, soutien technique...) puis leur laisser les rênes.

 

7. De libérer la lecture par la gratuité du prêt de livres à la Bibliothèque comme cela c'est fait avec le Musée qui a vu sa fréquentation augmenter.

 

8. Enfin de ne pas oublier le patrimoine industriel, architectural briochin avant qu'il ne disparaisse !