Amis artistes, vous appartenez à un monde archaïque !

C’est la loi de Baumol qui le dit. Permettez-moi de vous rappeler ce que disait ce M Baumol, économiste américain, il y a quelques dizaines d’années.
Le spectacle vivant est, du point de vue de la structure du travail, un secteur « archaïque », caractérisé par une productivité faible du travail, et surtout où les gains de productivité ne peuvent être que minces. Le travail y est en effet constitutif du produit fini, il ne saurait être remplacé sans que le produit soit dénaturé. Or les salaires des métiers artistiques s’alignent sur ceux des autres secteurs (quoique moins vite), où les progrès techniques ont entraîné d’importantes hausses de productivité. Les coûts relatifs du spectacle vivant ne peuvent donc que croître, et seule une hausse du prix du billet peut compenser en partie cette hausse, au risque de réduire la demande et les recettes.
Seule une augmentation de la qualité des spectacles semble mobilisable pour justifier une augmentation des prix qui ne détourne pas le consommateur de fréquenter les salles. Mais le public s'habitue à ce haut niveau d'exigence en réclamant des spectacles toujours plus somptueux, ce qui entraîne à nouveau un renchérissement des coûts, lié à la nécessité de donner des spectacles incorporant un haut degré de qualité et d'innovation.
En réalité, le travail n’est pas tout à fait incompressible. On compense parfois la hausse structurelle des coûts par un « déficit artistique » ; un acteur tient plusieurs rôles, on diminue le nombre de répétitions, on représente moins d’auteurs vivants.

Ca serait intéressant que vous nous fassiez part de vos réflexions sur cette « loi ». Rendez-vous sur la page Débats.
Allez aussi voir un texte intéressant sur la politique culturelle, issu d’un séminaire à l’Ecole Normale Supérieure www.eleves.ens.fr/pollens/seminaire/seances/culture/polit-cult.htm.