...tique...toc... Non, pas un tic ni un toc, réponds-je du tac au tac... l’habitude d’aller voir un spectacle ou une expo n’est pas une maladie nerveuse. C’est même bon pour la santé mentale. La toque du chef cuisinier, la baguette du chef d’orchestre, le rythme, le swing, le groove, la note juste du musicien, la diction, l’intonation du comédien, le pinceau, la palette du peintre, la corde vocale du chanteur, la gouge du sculpteur, le stylo, le clavier de l’écrivain, la plume du poète, le déclic, l’objectif du photographe... tout le monde sait utiliser ces outils, mais c’est quand-même bien quand ils sont utilisés de belle façon, non ? Le Cri de l’Ormeau repère et répertorie (allitération en r) les artisans talentueux de ces outils qui œuvrent dans le territoire qui t’est accessible à toi, lecteur. Les crieurs que nous sommes sont fiers d’aider quelques dizaines de milliers de personnes à aller vivre des émotions artistiques. J’ai vu un bambin de 2 ans pleurer de peur en début d’un spectacle de a. k. entrepôt fait pour eux. Ce spectacle était remarquablement bien fait, tellement qu’un adulte aussi peut y trouver du plaisir, tellement bien que le bambin s’est progressivement calmé, observant, riant enfin. Il a reçu sa première initiation au spectacle, ses premiers émois artistiques. Il n’est jamais trop tôt pour ça, et il faudra continuer pour conforter une chance d’être ouvert à l’art et la culture, qui lui permettra de devenir un humain réfléchi, critique, imaginatif, ouvert, ce qui est un avantage dans la vie pour exister dans ce monde difficile, un avantage au moins aussi important que l’argent. Objection : où est l’ouverture et la tolérance quand on se souvient qu’il y avait aussi des artistes chez les Nazis, et chez pas mal de gens réacs ? Si le hasard t’a fait naître... disons par exemple... Haïtien, tu auras peut-être un peu plus de mal à vivre la vie du petit Guingampais culturé dont je viens de parler (et pourtant il y a beaucoup d’artistes en Haïti). Il faudrait reformuler la première phrase de l’article 1 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ». Ce droit est inaliénable, mais il y a des handicaps. Ecriture automatique, tactique pratique d’écriture pas toc, t’es au taquet, t’es un peu toqué mais t’attaques par un truc qui te fait tiquer, tu t’entêtes et tac, t’as le ticket !
Patrice Verdure Type toqué
Ce n’est pas parce qu’on ne sait pas faire quelque chose qu’il ne faut pas le faire
On n’est pas des journalistes, pas des graphistes, pas des webmasters, pas des commerciaux, pas des gestionnaires, pas des artistes, pas des organisateurs de spectacles, pas des vidéastes, pas des secrétaires, pas des politiques, pas des riches, pas des pauvres, pas des menteurs, pas des hâbleurs, pas des fainéants, mais on est devenus un peu tout ça, sauf la dernière qualité. On pourrait dire que c’est le profil-type d’un Ormeau, mais bien sûr on ne l’a pas formulé comme ça dans l’offre d’embauche qu’on a récemment lancée. Quoi ? Une embauche ! Ben oui ! On va maintenant s’intéresser au Morbihan (c’est le scoop 2010), et il faut ça (voir article page suivante). Si j’en reviens maintenant au titre de cette chronique, il faut bien avouer qu’il est idiot, et surtout là pour interpeller, pour provoquer. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il faut manipuler cette maxime avec moult précautions, surtout pas la prendre au pied de la lettre. En effet on voit quotidiennement tellement d’incompétences à l’œuvre, donnant des résultats catastrophiques ! Je rappelle que c’est en partie dû au principe de Peter, décrit dans l’édito de novembre*. Mais les grandes compétences ne sont pas à l’abri de l’échec non plus. Ca me rappelle cette autre maxime de Rabelais : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». J’entends ici que ce n’est pas parce que tu as acquis une bonne technique que tu vas t’en servir avec talent, grâce, harmonie. Science et humanité, deux cultures isolées.
La pensée du mois. L’esplanade du Théâtre de verdure (sans majuscule !) dans le parc des Promenades à Saint-Brieuc vient d’être baptisée Esplanade Patrick Dewaere, en hommage à l’acteur français né par hasard dans cette ville un dimanche de 1947. Est-ce pour qu’à Saint-Brieuc la mémoire de Patrick Dewaere dure ?
Patrice Verdure Pas triste
Tonton, fais nous rire !
Le mois dernier je faisais semblant de ne pas savoir ce que voulait dire « Duas habet et bene pendentes », alors que je le savais très bien, mais c’était pour faire rire la galerie (parce que question sens, bonjour !). J’espérais des réactions, une traduction, une exégèse. Bernique !
Ce mois-ci, toujours pour vous faire rire, tonton Patrice va vous parler de la perception de l’art. L’artiste fabrique une œuvre, il est l’émetteur d’une œuvre d’art. Le spectateur est le récepteur de cet œuvre d’art. C’est comme en radio, pour recevoir une émission, il faut que le récepteur soit réglé sur la même longueur d’ondes que l’émetteur. Pour être sensible à une œuvre, il faut avoir été initié au langage qu’elle utilise. Une bonne partie de cette initiation est acquise sans s’en rendre compte, tout au long d’une vie à sens ouverts. Une partie complémentaire de cette initiation est due à l’action volontaire de chercher à comprendre. Mozart, avec toute l’extrême intelligence musicale qu’il avait, aurait été tout à fait incapable d’apprécier un solo de Jimi Hendrix. Et ceux qui emmènent des gamins de banlieue écouter un opéra oublient peut-être certaines étapes. Je dis toujours que je suis insensible à l’art plastique contemporain, alors que je le suis aux arts du spectacle. Je ne comprends rien à l’art contemporain, je ne me suis jamais doté des clefs de compréhension (c'est bien regrettable). Je suis allé visiter l’exposition biennale Le Regard des Autres. Peu d’émotions ! J’y suis retourné quelques jours plus tard, et là, un choc ! Toute une heure d’émotion artistique ! Que s’est-il passé ? Je devais avoir ce jour-là mes sens particulièrement éveillés, mes chakras ouverts, pour je ne sais quelle raison. Mystères de la perception extra-sensorielle. Moralité : attention quand on juge une œuvre, attention aux jugements hâtifs, attention à qui exprime son avis ! Une œuvre se forme à mi-chemin entre ce qu'a voulu dire un artiste et ce qu'a voulu voir un spectateur (Marcel Duchamp). Merci tonton Patrice de nous faire rire !
Patrice Verdure Boute-en-train
Duas habet et bene pendentes
Je ne sais pas ce que veut dire ce titre, mais ça fait bien de caser un peu de latin de temps en temps. Ca fait bien ou alors ça peut faire gag, et on sait maintenant qu’être clown ça peut rapporter gros. Ce clown québécois*, quand il a dit « je vais créer un cirque et je serai milliardaire », est-ce qu’on lui a ouvert un crédit d’avance ? Peut-être quelques dollars, mais sûrement pas des valises pleines. Par contre ce maître du monde, quand il a dit « Je vais œuvrer pour la paix dans le monde », on lui a décerné un prix Nobel d’avance. On ne prête qu’aux riches ! Pourtant on devrait bien savoir depuis des siècles que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. Le problème avec le pouvoir c’est qu’on n’a plus personne au-dessus de soi pour se faire notifier ses erreurs (même les plus grosses, genre abus de confiance, népotisme, mauvaise foi, mensonge...). Il n’y a plus que des inférieurs hiérarchiques, et on ne va quand-même pas tenir compte des avis de sous-fifres, puisque si on est chef c’est qu’on est le meilleur ! Ah si, il reste un niveau au-dessus de soi : le jugement de l’Histoire ! Bien sûr c’est posthume, mais certains puissants se disent peut-être que ça serait dommage d’être traité de vrai con dans les livres d’Histoire du XXIIè siècle**. Connaissez-vous le Principe de Peter*** ? « Tout employé tend à s'élever à son niveau d'incompétence ». Et le Corollaire de Peter : « Avec le temps, tout poste sera occupé par un incompétent incapable d'en assumer la responsabilité ». Dans une entreprise, les employés compétents sont promus et les incompétents restent à leur place. Donc un employé compétent grimpe la hiérarchie jusqu'à atteindre un poste pour lequel il ne sera pas compétent. Je ne sais pas pourquoi je dis tout ça. Moi qui suis un chef d’une puissance totalitaire phénoménale, je ferais mieux de m’introspecter. Mais il n’est pas encore certain que j’apparaisse dans les livres d’Histoire du XXIIè siècle, ni que je voyage un jour dans l’espace.
* Guy Laliberté, artiste de rue fondateur du Cirque du Soleil en 1984, s’est offert un voyage dans l’espace à 35 millions de dollars pour son 50è anniversaire en octobre ** Réf. Le XXIè siècle, spirituel et cataclysmique (à l’usage des élèves du cycle de préparation déterminatoire, éd. Avant-arrière, septembre 2184) *** Réf. The Peter Principle (par Laurence J. Peter, 1969)
En passant par la Patagonie j’y arriverai bien
Dans mon édito de l’été je disais « ... l’humain qui ne connaît pas la Bretagne est un humain incomplet. » Ca en a fait réagir certains et je le comprends bien. Il est en effet aussi vrai de dire « l’humain qui ne connaît pas la Patagonie est un humain incomplet », ou qui n’a pas marché sur la Lune, qui ne parle pas serbo-croate, qui ne mange pas tous les jours, qui n’a pas de vélo, qui n’a jamais forniqué, qui n’a pas sauté à l’élastique, qui ne connaît ni Chateaubriand ni les Ramoneurs de Menhirs ni les polyphonies du Vanuatu, qui ne sait pas expliquer que 1+1=3, qui ne boit pas de vin....................................... Nous sommes tous des incomplets, nous mourrons tous incomplets. Peut-être dans la mort est-on complet, en tous cas complètement sans vie. Mais ce n’est pas parce que la complétude est une asymptote qu’il ne faut pas s’acharner à aller vers moins d’incomplétude. Et d’abord qu’est-ce que ça veut dire « être complet » pour un humain ? Je disserte bêtement sur une notion que je ne suis même pas capable de définir ! Et à quoi ça sert d’accumuler un maximum de contenu, matériel, mental, spirituel ? Sûrement à exploser, et ainsi à mourir d’une overdose de contenu. Et là t’as l’air d’un con. Est-ce qu’un con plaît ? Le salut de l’homme est dans la qualité de son contenu, pas dans sa quantité. Et la meilleure qualité est dans la diversité du contenu, quand on arrive à associer harmonieusement tous ces éléments d’origines diverses. Tiens ça me fait penser à la Bretagne ! Voilà une région du monde où de nombreuses expressions artistiques d’origines très diverses se rencontrent et s’unissent de la plus belle façon ! Ingurgiter de la qualité pluri-diversifiée, c’est aussi ce que le Cri de l’Ormeau vous aide à faire en vous présentant toutes ces offres culturelles du territoire costarmoricain. Eh voilà ! En passant par la Patagonie j’y suis arrivé.
Patrice Verdure Philosophe celto-socratique
Rassure-toi, tu as eu raison de venir !
Tu te demanderas : « Mais qu’ont-ils ces Bretons avec cette frénésie de manifestations culturelles en été ? » Tu te le demanderas mais tu apprécieras, je te le promets. Et tu tenteras quelques hypothèses de réponse : « Les pauvres, ils ne sont pas gâtés par la météo, alors ils compensent l’attractivité de leur région par une fête permanente ». Et tu auras tout faux ! D’abord le temps est très agréable : entre deux averses le ciel est radieux, la lumière unique, l’air bien mieux respirable qu’ailleurs, et même les nuages, le vent, les grosses mers sont d’un charme exceptionnel. Si tu cherches juste à te dorer la pilule les doigts de pieds en éventail sur une plage, va ailleurs. Il faut vraiment avoir petit esprit pour se laisser arrêter par quelques éventuels désagréments secondaires. Notre pays vibre en tous ses points d’une histoire et d’une culture très riches. L’humain qui ne connaît pas la Bretagne est un humain incomplet. A 50 ans si tu n’as pas visité la Bretagne, c’est que tu as raté ta vie. Encore plus fort : ne va pas croire qu’on se repose sur un passé folklorique figé dans le temps. Nous sommes extrêmement sensibles à tous les courants, les évolutions modernes, les influences éloignées, et savons les intégrer dans notre créativité de la façon la plus harmonieuse. Tu trouveras ici et là plein de brochures qui te présenteront les charmes bretons sous leurs aspects géographie, nature, patrimoine... Nous te présentons ici les animations culturelles des Côtes d’Armor. Sache qu’il y en a tout autant à longueur d’année, et que tu peux nous rendre visite même au cœur de l’hiver, ton esprit en sera enchanté. Et quand tu seras revenu dans ta contrée, viens sur www.cridelormeau.com à partir du 09/09/09/ à 09h09 pour continuer ton voyage avec la Gross LoLa (voir page).
Patrice Verdure Breton par choix
Cri de l’Ormeau rime avec Culture bio et Culture du beau
Avez-vous remarqué le nombre d’annonceurs « bio » et nature que l’on trouve dans le Cri de l’Ormeau ? La Gambille, La Baie’l Bio, Din’en Bio, Courtil Bio, La Fée Bio, Biozone, Crêperie des Promenades, la Baleine, Café Botanique... D’autres hésitent encore mais on les attend. Nous sommes ravis (et même plus) que notre magazine d’information culturelle attire le monde bio. L’action culturelle n’est pas vraiment bio dans sa pratique (pollutions sonores, grande consommation électrique des éclairages, produits chimiques dans les décors...). La minorité de la population qui va au spectacle ou voir des expos est-elle la minorité éco-sensible de la planète ? Les écologistes vont-ils aux Vieilles Charrues, qui consomme tellement d’énergie et piétine la campagne ? Les adeptes de la décroissance vont-ils au cinéma ? Existe-t-il des vidéastes végétariens ? Y a-t-il des ingénieurs du son cyclo-randonneurs ? Il doit y avoir quand même une convergence d’éthique. Suggérons : apporter sa modeste contribution à l’évolution harmonieuse de la condition humaine. Si je parle de « Refus d’un monde de consommation de masse, de productivité, de facilité, d’inéquitable », est-ce que je parle de bio ou de culture (la culturelle, pas la culturale) ? En fait je fais semblant d’être surpris, mais je sens bien, moi qui ne suis ni philosophe ni sociologue ni psychologue ni anthropologue ni écologue, que ce rapprochement est logique. Et les hasards de la vie sont incroyables : le siège du Cri de l’Ormeau à Saint-Brieuc est juste à côté du siège de la Fédération Côtes d’Armor Nature Environnement, et ça n’a pas été fait exprès !
Patrice Verdure Au nom prédestiné, pas fait exprès
Soyons bon prince, je dirais même royal
Au nom de la France, je demande pardon à la population costarmoricaine de ce qu’a fait l’ODDC en compagnie de ses complices du Réseau Au Fil de l’Eau du Pays de Guingamp. Un spectacle du festival des Petits Riens (Les Moulins de la Perruque) voulait nous faire croire que les anciens travailleurs du Petit Echo de la Mode, des Papeteries Vallée et du Moulin du Palacret avaient détourné du matériel de leurs entreprises pour créer des moulins à détricoter les pulls ou à faire bailler les huîtres ! Surfer sur la vague du collectage pour inventer de fausses traditions populaires ! Par quel stratagème les faussaires de la Cie O.p.U.S. (Office des Phabricants d’Univers Singuliers, qui ne connaissent même pas bien l’ortaugraphe !) ont-ils réussi à se faire inviter en Côtes d’Armor par nos autorités culturelles ? Pour nous faire mieux gober leur histoire, ces faussaires ont recours à des éléments véridiques. Au départ, ils parlent du procédé de la « perruque » qui, comme chacun sait, est « l'utilisation de matériaux et d'outils par un travailleur sur le lieu de l'entreprise, pendant le temps de travail, dans le but de fabriquer ou transformer un objet en dehors de la production régulière, de l'entreprise ». Quant à l’origine du mot, j’ai envie de croire que ça vient de « récup’ », mais les étymologistes officiels parlent plutôt d’un « objet assez confus, qui a des applications destinées à masquer quelque chose ». Mais pourquoi tant d’arnaque ? Leur propos, c’est de montrer leur talent ou bien de nous exposer un sujet d’une manière dite « artistique » ? Mais, j’y pense, le théâtre, le cinéma, la caricature, les Guignols de l’Info, la peinture, le roman, la BD, toutes ces représentations fictionnelles de la réalité, sont aussi des œuvres de faussaires, des actes « artistiques ». Ohlala ! On cherche à nous berner de tous côtés ! Si on s’aventure à suivre les artistes, on va bientôt considérer que les parachutes dorés sont aussi de la gentille perruque ! Et la langue de bois, c’est de l’art aussi ? Stop ! Laissons l’art aux cochons !
Patrice Verdure Récidiviste du second degré
PS (Post Scriptum, je précise) Les lecteurs du premier degré sont priés de se documenter sur l’existence des degrés supérieurs.
Nous sommes tous des circassiens
Comme ces Galapiats qui nous jouent Risque zéro alors qu’en fait ils prennent plein de risques. Ou font semblant ? La vraie prise de risque s’appelle la témérité. Ou alors le courage ? Ahlala je ne sais plus ! Il faut avoir le courage d’être téméraire, et l’intelligence de mesurer ses risques. C’est vrai que le courage et la témérité sont des qualités qui aident la vie, et encore mieux quand on est aussi beau, riche, en bonne santé et occidental. Et l’audace ? Télérama du 21 mars nous en fait l’éloge, Danton en avait fait une belle formule, et l’Ormeau s’en fait un questionnement. Que vaut une vie sans audace ? (On dirait une dissertation de philo de Terminale !) Mais pourquoi me posé-je ces questions maintenant ? A certains moments clés de la vie on fait le point (le n° 100 d’un journal est un moment clé). On se demande si l’on a été courageux, téméraire, audacieux, inconscient, ou quoi ? On se regarde soi-même et on n’oublie surtout pas de regarder autour de soi. Et on les voit tous ces audacieux qui nous entourent dans ce milieu culturel et artistique. Pour oser dire « Regardez-moi comme je suis beau, fort, artiste » il faut vraiment être audacieux, parce qu’en perpétuel danger. Danger de rater son coup, danger d’être ridicule et de mauvais goût, danger de vivre pauvre, danger de mort. Mais sans vous, les artistes, le monde n’existerait probablement déjà plus. Alors merci d’exister ! Et dire que certains ne comprennent pas ça !
Patrice Verdure J’aurais voulu être un artiste
Où est passé l’avenir ?
Bonjour les visionnaires !
« Le XXIè siècle sera spirituel ou ne sera pas ». Vu comment ça se passe du côté du matériel, il vaudrait peut-être mieux écouter Malraux. Mais non je ne deviens pas prêcheur ! Je suis athée, grâce à Dieu, mais je me demande comment ce siècle va se débrouiller pour survivre. Un autre a formulé « Le XXIè siècle sera féminin ou ne sera pas ». Même s’il y a encore du chemin à faire pour les femmes, on peut dire que leur existence est la moins pire de tous les siècles passés, non ? Si ça pouvait apporter à ce siècle plus de douceur, de tendresse, de sensibilité, ça serait peut-être la solution pour la survie de l’avenir, mais c’est pas gagné. Je me souviens vaguement d’un autre visionnaire du XXè siècle, dans les années 80, qui disait « Profitez bien de cette fin de siècle pour commémorer le passé, parce que dès qu’on sera au XXIè siècle, l’état d’esprit début de siècle nous tournera entièrement vers le futur ». Je ne sais plus exactement comment c’était dit ni qui l’a pensé, je peux juste dire que ce grand esprit visionnaire était un imbécile !
Le passé a de l’avenir J’ai l’impression qu’on n’a jamais autant évoqué le passé. Tous ces anniversaires de 68, de la guerre, ces livres sur la Résistance, toutes ces expos photos d’il y a 100 ans (musée de St-Brieuc avec Binet, puis Kerever), Bistrots de l’Histoire du Pays de St-Brieuc, revitalisation des cultures traditionnelles, collectages, recensement du patrimoine... ! Y a-t-il de la nostalgie d’une époque où l’on croyait en un futur meilleur ? Croit-on qu’une relecture du passé avec les nouvelles technologies nous donnera des clés ? A-t-on peur de voir cet avenir privé des acquis du passé ? Ce n’est pas nouveau, toutes les époques se sont construites sur les fondations du passé, et il n’y a pas de raison que le XXIè siècle fasse exception, d’autant plus avec un présent tellement scabreux. J’imagine que dans les années 1780, l’angoisse générale était aussi très forte, et l’explosion qui en a résulté a été à la mesure !
Patrice Verdure Un autre imbécile
Le don du 100
500 artistes, 140 prestations, 85 h de spectacle, 22 lieux, 4 500 spectateurs, 200 bénévoles
Enfin terminé ce Cri du 100 ! Ca a été un très gros travail pendant 1 an, mais quelle satisfaction ! On vous doit ici quelque bilan, pas encore financier parce qu’on n’a pas encore eu le temps de faire le point (pris par la fabrication urgente de ce numéro de février), mais « moral ». A l’origine on cherchait à ce que nos soirées se passent dans de vrais lieux de spectacles. Quelle erreur ! En effet nos meilleures soirées ont été celles dans les salles des fêtes. Dans les vrais théâtres, la séparation entre le lieu des spectacles et la buvette-restauration a provoqué une dispersion qui a nui à la convivialité de la soirée. Dans les salles des fêtes, ce n’était quand-même pas une kermesse : malgré le brouhaha de l’espace buvette, les prestations artistiques de 20 minutes ont été bien suivies, et beaucoup ont pu ainsi découvrir des genres auxquels ils sont peu habitués. Les « chocs culturels » n’avaient rien de choquant, mais plutôt enrichissant (la danse orientale de Marylène Famel après le trad contemporain de Karma par exemple). On est un peu fiers d’avoir provoqué quelques créations, quelques rencontres uniques, dont certaines auront peut-être une suite. Le marionnettiste Fabien Moretti avec Leto. Myrdhin avec le guitariste touareg Mohamed Bilalan. Les solos sur projections photos de Zoran Vasilic, Soïg Sibéril, Lors Jouin, Karl Gouriou, Pat O’May, Patrick Molard. Marlu et son Petit Chaperon Rouge en argot. La Cie de la Nuit avec un ormeau géant. Un battle jazz Les Amateurs / Early Blue. Un battle rock Wankin Noodles / Acapulco 44. High Voltage (AC DC) avec le bagad de St-Brieuc. Fannytastic avec Daniel Paboeuf. Bachibou’Zik Orchestra (rencontre de OP Rats des Gueux, Consanguins, Gens Normals, De Poil, King Pépé, Ecoute comme ça sent bon). Création rock expérimental de Philippe Brosse, Stéphane Kérihuel, Christophe Menguy. Bernard Granger avec Ludo. Paul Dirmeikis avec 2 sax. Hip hop avec accordéon et guitare... Le sommet de la semaine a été atteint samedi soir à St-Brieuc : 2 000 personnes, des prestations s’enchaînant à la perfection sur 3 scènes (merci à la formidable équipe technique mise en place par l’ODDC et l’ADDM), que des gens enchantés, un moment de grâce. Merci aussi à tous ces bénévoles extrêmement motivés et efficaces. Merci à tous les lieux d’accueil, à tous les partenaires qui nous ont accompagnés dans chaque Pays, à ceux qui ont décoré la salle de Robien, à Erwan qui a éclairé les scènes de Robien. Et merci à tous ces artistes qui ont bien voulu jouer ce jeu pas évident et rendre ainsi hommage au Cri de l’Ormeau. Un petit bémol : on comptait beaucoup sur la participation volontaire et généreuse du public, elle a été d’une moyenne d’environ 1 € par personne (c’est trop, bravo !). Notre bilan financier n’est pas encore fait mais il est certain qu’on est déficitaire, et que pour que le Cri de l’Ormeau ne souffre pas trop de sa témérité, il va falloir qu’on fasse appel à DONS. Préparez-vous ! On vous tient au courant.
Patrice Verdure Qui n’oublie pas de remercier aussi ses collaborateurs-trices qui se sont laissé(e)s embarquer dans cette aventure sans défaillir
Quelques éditos des temps passés
Par curiosité, vous pouvez (re)lire quelques textes éditoriaux que nous avons commis ces derniers mois. Sur cette page, on trouve par exemple : Bouffon Rugby, sexisme et culture Prospective et calembours Rebelles de nuit Lannion fait la force Devenez rédacteur du Cri de l’Ormeau (juin 2006) OH ! DITES-nous ce que vous en pensez (mai 2006) Je vous écris du Costarmorica (avril 2006) On a la chair de poule (mars 2006) Dans l’humanité, il y a 2 catégories (février 2006) Méchant Noël ! (janvier 2006) Eloge de la camelote (décembre 2005) Les 3 DC de la politique culturelle (octobre 2005) Cet édito, j’en donne pas cher (septembre 2005) Amis artistes, vous appartenez à un monde archaïque ! (mai 2005) Le secret de la réussite (avril 2005)
D'autres plus récents sur cette page Où est passé l'avenir ? Bonjour les visionnaires (mars 2009) Le don du 100 (février 2009) Du 100 du Cri du Cri du 100 (décembre 2008) Atelier d'écriture (novembre 2008) Le Cri de l’Ormeau, le phosphore des Côtes d’Armor, ou le gas-oil de la Culture ? (juin 2008) Le catalogue de la Déroute (mai 2008) Décontraction déconnexion (été 2007)