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Orchestra Baobab

Orchestra Baobab : "on a eu raison de garder notre style"

Avec dix membres sénégalais mais d'origines différentes, l'Orchestre Baobab est ouvert à toutes les influences. Inventeurs de la "world music" avant qu'elle ne soit à la mode, ils reviennent, après un arrêt de 15 ans, sur la scène internationale depuis deux ans, assistés cette fois par des grosses firmes. Petit retour historique avant quelques extraits de sagesse africaine, que beaucoup pourraient méditer...

Dans les années 70, Rudy Comis (de son vrai nom Rodolphe Clément Comis) et Barthélémy Attisso font leurs études à la fac le jour (ils sont respectivement enseignant en langues sénégalaises et avocat), et jouent dans un orchestre, la nuit, dans un club privé pour hommes d'affaires, le Baobab. C'est à cette époque qu'ils commencent, à la demande de la clientèle comme par l'inspiration des différents membres de leur groupe, à s'ouvrir à tous styles musicaux : du traditionnel africain aux voluptueuses rumbas en passant par le rythm'n blues. L'Orchestre formé, ils organisent eux-mêmes des tournées, sans aucune grosse boîte pour les soutenir. C'est lourd et ils n'ont pas alors le succès qu'ils connaissent aujourd'hui. Le style Youssou n'Dour est plus à la mode. Ils s'arrêtent donc 15 ans, jusqu'à ce qu'on vienne les chercher, avec le succès de la "world music": "Aujourd'hui, on nous donne raison d'avoir gardé notre style".
Prix BBC Aware "World music" et Prix de la critique "musiques africaines", l'Orchestre Baobab enchaîne actuellement tournée sur tournée : "on a presque fait le tout du monde. Il nous manque juste l'Europe de l'Est, le Moyen-Orient et surtout l'Afrique. Nous n'avons jamais fait de tournée en Afrique. Par contre, nous partons bientôt au Japon. (…) Maintenant, nous avons derrière nous des grosses industries qui nous poussent vers l'extérieur et vers le monde entier. Aux Etats-Unis, comme ailleurs, la salle de concert se transforme en salle de danse, même sous la pluie. Ça nous encourage à aller de l'avant. Partout où on va on nous demande de revenir."
Pas engagés, mais des valeurs universelles :
"Nous chantons en serer sur les thèmes de la paix, de l'amour, de la compréhension entre les hommes ou des effets nocifs de l'incompréhension ( d'après les philosophes disant "nos sens nous trompent souvent, il faut permettre aux gens de se tromper" ou "ne dis pas qu'il y a du silence, dis que tu n'entends rien"), de l'honnêteté ou encore de l'enfance en difficulté ou des mésaventures ou aventures sentimentales (il y a plus de mots pour dire les malheurs que les bonheurs). Mais, même si nous parlons de tolérance, la politique ce n'est pas notre affaire. Nous disons comment on voit la vie et c'est à eux de prendre ou de ne pas prendre. Ce sont des valeurs universelles."
"Nous ne sommes pas intéressés par la chanson engagée : il ne faut pas fouetter les régimes, nous voulons être tranquilles pour faire notre travail. Nous prenons même beaucoup de précautions dans le choix de nos mots, nous choisissons les plus doux, les moins durs. Nous avons assez d'expérience pour ne plus appeler un chat, un chat ". Nous possédons suffisamment de mots pour rester dans la politesse, la dignité et le respect de l'autre. A 57 ans, il faut qu'on prouve qu'on a vécu!"