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Julien Jacob

Julien Jacob : « Chaque chemin nous apporte un enseignement »

Né au Bénin de parents antillais, Julien Jacob arrive dans le sud de la France à 4 ans. Il y a huit ans, il découvre la Bretagne :
« J’ai été soulevé par la Bretagne. Elle a plein de similitudes avec la terre d’Afrique : dans la tradition perpétuée, c’est une terre de mystère, dans la musique, les rythmes et les mélodies… Les ressemblances sont étonnantes ».
« Arrivé à Hennebont, j’ai voulu auto-produire mon premier 4 titres. La mairie m’a aidé tout de suite, alors que dans le sud, il n’en était pas question. La terre de Bretagne est une terre de musique. La musique habite chez l’homme breton. Le Breton est différent. J’ai sillonné la Bretagne, même jusque dans les plus petits bleds. C’est une terre d’accueil fabuleuse qui me plaît jusque dans ses moindres recoins ».
Un « habitant de la planète »
De son parcours, de ses origines, il puise une grande richesse : « Je suis bien partout. Plutôt que « citoyen du monde » qui est trop utilisé, je préfère dire que je suis un habitant de la planète, un « vivant ». Mais je suis attaché à la terre de Bretagne, j’ai craqué pour ce pays dont je ne porte pas la couleur mais où je me sens bien (…) Le métissage est quelque chose de naturel. La nouvelle semence va faire pousser de nouvelles plantes emplies de richesses. Moi-même, je porte une double identité dans le sang mais je n’ai jamais connu de problèmes d’intégration. J’ai toujours partagé ma culture, ce n’est pas un soucis pour moi. (…) Là où il y a des frontières, moi je ne les vois pas. »
« Ma musique, mon miroir »
Malgré cette ouverture à plusieurs cultures différentes, Julien ne fait pas partie du courant « world music » : « J’ai aimé des artistes d’horizons très différents mais il n’y en a aucune trace dans ma musique. Depuis tout petit, je poursuis une quête intérieure, je n’appartiens à aucun dogme, c’est une quête personnelle. La musique a la couleur de ma quête, c’est mon miroir, le fruit de mon intérieur (…) Je ne compose pas, je manifeste ce qui vient de moi. Ça me rend visite et tant mieux si ça rend visite au public aussi.»
« En concert ou non, la musique ne me quitte pas, je suis habité par la musique, je suis cette musique. Ma vie est un éternel concert mais la grande différence, c’est qu’en concert, il y a des gens autour de moi et je suis pressé de partager. C’est un moment de liberté intérieure, un moment de thérapie même où l’on renoue avec la beauté qui est en soi. »
« Un cadeau de l’énergie vive »
Le langage inventé lui-même n’est pas le fruit d’une recherche intellectuelle : « J’ai répondu à un cadeau qui s’est présenté à moi (…) Un cadeau de « l’énergie vive », je ne veux pas employer le mot « divin ». (…) J’ai compris que c’était comme ça qu’il fallait que je m’exprime. Les vibrations du son me permettent d’entrer en résonance avec l’autre et de soulever chez lui la paix et la joie qui repose en chacun. Cela me permet de m’adresser directement au cœur, sans passer par l’esprit. (…) C’est cela mon engagement, faire prendre conscience que tout s’englobe, nous sommes des êtres vivants, nous sommes la vie, en même temps que les animaux ou les végétaux qu’il faut respecter comme soi-même. Si on se respecte, il faut respecter les autres ».
« Chaque chemin nous apporte un enseignement »
Cette route, c’est le destin ? « Non, mais je sais que l’on a d’innombrables chemins dessinés. Chaque chemin que l’on prend devient le nôtre. Aussi, il ne faut pas avoir de regrets sur les choix que l’on peut faire, chaque chemin nous apporte un enseignement. C’est à nous d’en profiter, même s’il est dur. Après, un nouveau chemin se présentera, comme on dit, « la roue tourne ». Julien, qui a, lui-même, connu des périodes de grosse galère, n’a jamais voulu se laisser aller à des réactions de rejet de la société: « On ne monte pas haut en s’opposant. Il suffit que ce contre quoi on s’oppose s’écroule pour s’écrouler aussi. Il ne faut pas, bien sûr, se laisser enfermer mais se défendre contre les dictatures. Mais, ici, c’est différent. (…) Je ne veux rien perdre de la richesse des moments que m’offre la vie. Il a toujours des gens à rencontrer, avec qui communiquer ».