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PANIQUE CHEZ LES CARTOPHILES
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| Premier épisode
: Le Mystère du Bus Fantôme |
- Vous avez vu ce soleil ?
Vivement demain ! Plage et baignade.
- Ne me dîtes pas que vous allez vous exposer avec tous
les autres veaux marins. Tartinée de graisse et les miches
à l'air ! Votre joli corps
- On est en Bretagne, il fait beau, il faut en profiter, non
? Et puis, mon joli corps
Sexiste !
Malo ne daigna pas répondre à la flèche.
Stoïque, il avala une gorgée de son demi ordinaire,
la dernière gorgée, vraiment dégueulasse,
et laissa son regard vaquer.
Le marché du samedi de Saint-Brieuc pliait ses gaules.
Au pied de la cathédrale, coincés entre les nouvelles
et les anciennes halles, les derniers étals se démontaient.
Les vendeurs rangeaient leurs calicots et les enfournaient dans
le cul de leurs camionnettes. Bientôt n'allaient subsister
de cette activité marchande que des papiers gras de galettes
saucisses abandonnés. Et quelques trognons devant l'immeuble
de la Poste. Et personne ne semblait avoir conscience du drame
qui était en train de se jouer.
- Eh bien moi, je crois que vous allez dire adieu à vos
rêves d'eau et de soleil.
- Et pourquoi donc ?
- Parce que nous avons du taf sur le tarmac.
- Mais demain c'est dimanche !
- Et alors ? Vous l'avez voulu votre stage de journaliste, non
? Et en plus vous voulez être sur le terrain. Ben, le
terrain, c'est tous les jours. Jusqu'à ce que l'affaire
soit résolue. Et c'est pas tous les jours, justement,
qu'on a une affaire comme celle-là. Donc, au turf, camarade
! Faut remonter au cur des ténèbres, à
la recherche de Kurtz !
- Quoi ? Qu'est-ce que vous racontez ?
- Je veux simplement dire qu'il faut remonter la piste.
- Mais on n'a aucune piste !
- Décidément !
Ecoutez-moi bien, Marion.
Je peux vous appeler Marion ? Faisons le point. Nous avons été
missionnés, comme dirait Dji Pi two, pour couvrir le
congrès des cartophiles des Côtes d'Armor. Correct
?
- Correct, patron.
- Et puis ne m'appelez pas patron, ça me donne de l'urticaire.
Appelez-moi Malo
et ne dîtes pas " comme Saint-Malo
? " On me la fait tous les jours !
- O.K. Ca marche, Malo !
- Ha ! Ha ! C'est malin ! Donc, nous couvrons le congrès.
Important, ce congrès. Le dernier avant l'an 2000. Pour
l'occase, on rameute le ban et l'arrière ban des spécialistes.
On sort l'argenterie et les médailles. Bref on invite
les huiles de tous bords. Et on affrète un bus spécial,
un avec le logo du Conseil Général sur les portières,
bien visible.
- Oui. Tout ça on le sait. Et hier midi, vendredi donc,
après moult libations et petits fours, on enfourne toute
la smala dans le bus. Direction la côte, palais des congrès
de Perros-Guirec où doit se clôturer la journée
d'ouverture.
- Mais auparavant, comme dirait Jean Genêt, l'itinéraire
prévoit de promener la petite bande tout au long d'un
circuit costarmoricain, avec haltes dans tous les hauts lieux
de la région.
- Et le bus n'arrivera jamais à destination...
- T'as raison, Marion. Disparu, envolé le bus et tout
ce qui allait avec, congressistes, élus, pique-assiettes,
chauffeurs, tout le monde a disparu dans la nature. Aucune nouvelle
depuis. Pas d'infos, pas de revendication d'enlèvement,
pas de demande de rançon. Rien.
- Nib de nib.
Ils se turent un bon moment, ce qui permit à Malo de
commander un autre demi ordinaire pour lui et un Kir-cassis
pour Marion qui ne laissait pas sa part au chien. La terrasse
à laquelle ils étaient attablés, devant
les anciennes halles, se désemplissait peu à peu.
Chacun rentrait chez soi ou ailleurs pour se sustenter un tant
soit peu. Une famille d'Anglais pâles dévorait
des hamburgers. Ca donnait faim.
- Donc, programme : on se tape d'abord un rapide sandwich, on
se procure la liste de tous les occupants du bus.
- Je l'ai. Elle est dans les documents qu'on nous a fournis
au Conseil Général.
- Bien. Ensuite, l'itinéraire.
- Je l'ai aussi.
- Décidément vous êtes une perle, Marion.
Alors on épluche tout ça en mangeant. Et puis
- En avant pour de nouvelle aventures. A la recherche de Wurtz.
- De Kurtz, Marion, de Kurtz. C'est un personnage de Conrad,
une métaphore.
- Eh bien, sus à la métaphore !
Ils commandèrent deux américains qu'ils dévorèrent
à belles dents en deux temps trois mouvements. Et Malo
se dit que, décidément, cette petite jeune fille
était vraiment
comment dire
Bili-bili-bili. Une sonnerie discrète l'empêcha
de préciser sa pensée.
- C'est le vôtre je crois ?
- Ah non, fit Marion. Moi, j'ai choisi Le téléphone
pleure comme mélodie d'appel.
Bili-bili-bili.
- Un truc aussi commun, poursuivit-elle avec un sourire en coin,
ça peut être que le vôtre. Vous décrochez
pas ?
Malo farfouilla dans ses poches en haussant les épaules.
- Oui ?
- ...
- Lui-même.
- ...
- QUOI ??? Ecoutez, mon vieux, les plaisanteries les plus courtes...
- ...
- Eh ! Attendez ! Merde, il a raccroché.
Malo griffonna à toute vitesse une adresse sur son calepin.
- C'était qui ? demanda Marion.
- Sais pas. Mais une chose est sûre : on a rendez-vous
avec un bus. Et je crois bien qu'on va y aller tout de suite...
Allez ! On va dresser notre plan de bataille en route.
- Et on va où ?
- Surprise, ma belle... |
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Malo et Marion foncent-ils tête baissée dans
un traquenard ? Retrouveront-ils le bus disparu ? Et qui peut
bien en vouloir aux cartophiles costarmoricains ?
Vous le saurez en lisant Le secret
de la caverne oubliée, deuxième épisode
des nouvelles aventures de Malo Cran.
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