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C'est le 11 novembre. Pour une fois je sais quel jour nous sommes. Ici aussi,
drapeaux sur tous les bâtiments officiels. En écrivant ces quelques
lignes dans la chambre de l'hôtel, j'écoute un enregistrement de
Seamus Heaney, le poète irlandais, et de Liam O Flynn, l'artiste musicien,
un enregistrement récupéré à Dublin en septembre.
Ce début de tournée parait bien loin…Et comme la gwerz ou le sean-os
sont différents de la mazurka.
Lundi, après avoir quitté Poznan dès l'aube, nous avons
roulé toute la journée. Nous sommes arrivés à Olsztyn,
où tout était prévu: une enveloppe avec tous les détails
nous attendait à la réception de l'hôtel. D'ailleurs, nous
allions jour après jour découvrir une super équipe au centre
culturel franco-polonais. Il fait toujours nuit aussi tôt, c'est donc après
quatre heures de route dans la nuit que nous nous posons. Nous découvrons
notre havre pour quatre nuits. Déballage des bagages et valises dans la
chambre. Premiers échanges avec les serveurs et serveuses du bar et restaurant.
Première visite de l'ordi à l'accueil, enfin une connexion, 78
mails reçus! Au resto, deux tsiganes chantent l'un pour l'autre. Est-ce
que le temps d'une soirée, leur sens du nomadisme serait soluble dans
l'alcool ? Nous trouvons une bonne bouteille de Côtes du Ventoux pour
agrémenter une assiette de fromages. Et puis: sommeil !
Mardi,
nous partons dès le matin à deux voitures pour Olecko.
Il va bientôt faire nuit. Je suis dans la voiture avec Roman et Kazimierz,
nous traversons entre 50 et 130 kilomètres/heure une région magnifique
de lacs et de collines. Ils en sont fiers d'ailleurs de leur pays. La route est
longue. A midi, à la radio, un morceau de trompette diffusé tous
les jours de Cracovie. Wladimir m'explique que chaque midi depuis l'émergence
de la radio polonaise, cet hymne est joué chaque midi. Il célèbre
la décapitation d'un garde de Cracovie par un mongol. Je pense à Gaby
Kerdoncuff. Gaby va lui partir bientôt pour le Aman (cf : //perso.wanadoo.fr/claudie.bodin/Site%20Drom/jabadao.htm ).
Pour la première fois nous risquons d'être en retard malgré le
départ à 8 heures du matin : travaux, déviations, conduite à la
polonaise. Michèle au volant de la deuxième voiture semble en quelques
kilomètres avoir assimilé cette conduite qui me parait parfaitement ésotérique:
je n'y comprends pas grand-chose, sinon que de trop nombreux initiés à mon
goût peuvent prendre des risques insensés, parce que sans doute
ils voient au-delà du virage et de la ligne blanche ? Vite du sédatif !
A l'arrivée, et juste avant le concert, Bruno me trouve un verre d'eau
sucrée pour parer l'hypoglycémie. La salle est comble, ça
réagit, ça vit, ça rit, ça danse, bref le bonheur.
Dans le bureau du directeur, Marek Galatza, une superbe affiche de Tadeus Kantor éclaire
la table de conférence. Nous échangeons ensuite avec Marek
au cours du repas : il connaît tous les chanteurs
et compositeurs français (même Jacques Dutronc). Il s'est lui-même
produit à Lyon, et ailleurs.
Mercredi : A Bartozsyce, pendant que Bruno monte la sono avec les techniciens
de la salle, j'ai acheté des lames de rasoir au marché russe, ainsi
qu'une bouteille de vodka et un CD avec un arménien : de la Pop russe.
Le marché est bien plus modeste que celui du stade de foot à Varsovie
que j'avais visité il y a quelques années, c'est un marché local,
de province: les stands ont la dimension d'un sac de courses : quelques
bouteilles, une ou deux cartouches de cigarettes, et des sourires bienveillants.
Ville de chômage et ville de commerce. La frontière est très
proche avec la Russie.
Jeudi, nouvelle direction. Morag. C'est Magda et Monica qui nous guident.
Jan, le directeur est très sympathique. Dans un coin de l'amphi, une caméra
pour le journal TV local. Après le concert un excellent repas au restaurant
de la ville nous réconcilie avec tout, la fatigue, la route. Jan connaît
bien les Côtes d'Armor, il y a des amis. On s'y donne rendez-vous à sa
prochaine visite. Le soir à l'hôtel, comme chaque soir les anecdotes
y compris sur les collègues et la route s'enchaînent à la
table de JC, Bruno, Michèle et moi, lors d'une nouvelle nuit d'escale.
Des fois c'est agréable de parler des amis et collègues.
Vendredi. Olzstyn. Centre Culturel avec une scénographie de fleurs,
de lèvres géantes, à la Dietrich, jeune. Nouvel échange
avec Kazimierz. Nous évoquons Kenneth White dont il a traduit ‘Atlantica'
en polonais. Il a lui-même publié une anthologie de poésie
de Mazurie chez Folle Avoine Ed. Je le trouve très gentleman nordique
et très fascinant. Une vrai rencontre.
Bruno qui reprend l'avion demain est parti en ville acheter un peu d'« eau
de Pologne » pour ses amis.
Tatiana nous a envoyé par mail les consignes de route pour demain vers
Oberniki : départ à 5H30 !!
P.H.
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