escale dédale en Europe  


Saint-Brieuc 6 septembre > Dublin 13 septembre Co. Down et Belfast le 14 septembre Clifden, dimanche 18 septembre
Clifden, mardi 20 septembre  Clifden-Dublin, mercredi 21 septembre Ferry le 24 septembre Sligo Maroué 23 25 sept 
Trégunc, Lorient, Collinée. De Maroué, vendredi 14 octobre   Sur la route entre Fürth im Wald et Prague, dimanche 23 octobre  
Ostrava, 25 octobre  Wroclaw, jeudi 27 octobre, après le concert  Wroclaw, 29 octobre   Wroclaw, 29 octobre Pol   Varsovie – 30 et 31 octobre.   Varsovie- Cracovie- Wroslaw 1 et 2 nov    Wroclaw jeudi 3 novembre Olsztyn mardi 8 novembre   Bartoszyce, 9 novembre   Zawonia. 4 novembre – Kielce 5 novembre- Poznan 6 novembre.    A l'hôtel Relaks, Olsztyn, vendredi 11 novembre Sur la route - Dimanche 13 novembre - Direction Auerbach  En passant par Auerbach – Froburg – Leipzig. Ilmenau 15 novembre    Mazurie. 7 au 11 novembre Brest, au port de commerce. Mardi 29 novembre Brest, le 30 novembre.
 
Co. Down et Belfast le 14 septembre

Belle surprise au détour de Falls Road que cette murale rendant hommage à Sean McGuire, fiddler extraordinaire, décédé cette année. Ceol gan teorainn : Musique sans frontière(s) ! D'un coup d'archer : une variation, un chorus de violon. Bien sûr, le violon ici ressemble à tous les autres violons, mais le visage comme l'interprète sont uniques. Comparée aux murales qui avec autant de couleurs que de drapeaux, autant de drapeaux que de couleurs nous invitent à soutenir les catalans et les palestiniens, à boycotter les produits israéliens, à lutter contre la bigoterie et le racisme, qui nous disent en peinture fluo que Bush est le pire désastre que l'Amérique ait connu, cette murale-ci est bien grise.
Pas de décoration, du noir, du blanc, du gris : un violon bien d'ici, pour un homme bien d'ici : pas de décalco, de déco comme sur certaines caisses d'instruments, ukulélés ou violons norvégiens. Finalement, les violons restent encore aujourd'hui d'une silhouette sobre dans les mains des musiciennes qui arborent tatouages et bijoux. Face à cette peinture murale j'entends la musique de Sean McGuire comme pour la première fois. Un vinyle enregistré en concert dans les années 50 à Carnegie Hall, à New York. Un son, un phrasé, une musique enveloppante, exubérante et ornée, une joie. A l'époque, ce fut pour moi une découverte, un bonheur. Je comprends que The Chief dont je n'ai jamais su le prénom et dont je parlerai plus tard, alors qu'il était malade ait dit :'Il est trop tard pour le médecin, faites venir McGuire !'. Il vint. Et au bout de quelques mesures The Chief était sur pieds. Je revois The Chief à Belfast, canne à la main, entrer dans la salle où je donnais un concert, il y a bien 20 ans maintenant, guidé par sa belle-fille Catherine.

Souvenirs. Impressions d'une ville. Silence pesant de Belfast dans la nuit. Une tuile tombe d'un toit.
Bruits, silences. Musique.

Qui était-ce déjà qui disait que la musique était le pire des bruits ?


Ici, au pays des montagnes du Mourne, le voyage devient musical. Paysage musical, paysage mental. Je retrouve mon vieil ami Tommy. Nous passons la soirée ensemble autour d'un verre de Bushmills. Nous évoquons des souvenirs, le passé bien sûr, mais aussi l'état du monde, ses derniers périples au Bengale, en Bulgarie, puis nous nous égarons dans une discussion sur les mérites respectifs du future perfect de la grammaire anglaise et du futur antérieur de la grammaire française. Vaste sujet ! Il ne s'agit pas de ‘refaire le monde', paisiblement nous faisons ensemble le point sur nos utopies et projets.

D'ailleurs ce pays conjugue quotidiennement le futur antérieur. La radio donne quelques échos des troubles, des émeutes, barrages quotidiens à Belfast cette semaine suivi du bulletin de la météo marine. Peut-être est-ce déjà la fin de l'été ?

P.H.

Up to the bridge and down to the wire
Over the top, he's a saint, he's a liar,
You can take your fiddle down,
You can throw it in the fire,
For you never heard the likes of Seàn McGuire.

The years went by and my da grew older,
Lying in bed like a dying soldier,
‘One last wish I would require,
Don't mind the doctor,
Send for McGuire.'

Well he came that night and he played to morning,
Music magic, cheerful, charming,
My father cried, ‘I feel no pain', and in no time at all,
He was back on his feet again.
(Tommy Sands)

Nouvelles des coulisses :
Courriels quotidiens avec Johanna (Tuchenn) concernant les dates en octobre et novembre. Echange avec Tatiana (Pologne). Gwendal récupère la sono à la maison. J'entame la lecture du nouveau livre de Tommy, j'y reviendrai. Toujours pas de nouvelles de Jules.

 

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