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Plus du tout le même univers. Arrivés à la nuit. Rendez-vous
avec Tatiana devant l'Opéra en plein centre ville. Il est en pleine rénovation.
En pénétrant dans le chantier, j'entends la voix d'une cantatrice
qui fait ses vocalises. Ça part jusqu'au ciel. Je me dis que j'ai encore
bien du boulot…quelques entrechats dans le chantier pour ne pas y penser…
Á vue rapide, la ville est belle, très animée. Nous faisons
connaissance avec Tatiana en chair et en os (jusqu'à présent nous
n'avons eu que des échanges téléphoniques ou par mails)
et nous filons vers le Maniana, où nous jouons dans deux heures, avec
notre guide. Et là, tout de suite, j'ai le pénible sentiment de
naviguer en plein chaos. Chantiers, erreurs de trajets, demi tours et re demi
tours…Tatiana téléphone en même temps, sans doute pour avoir
des précisions de directions, elle fait des gestes impérieux et
contradictoires pour indiquer à JC de tourner ici ou là,
j'ai l'impression que tout braille, la ville, les piétons, les voitures,
les lumières…mon cerveau est lancé comme une toupie…nous arrivons
au Maniana finalement. Je ne sais plus quel jour. Mais nous y sommes. Un grand
porche, une vaste cour à peine éclairée, protégée
sur un de ses côtés par un préau, quelques silhouettes assises
aux tables de bois et puis la lumière d'une autre entrée, nous
montons un escalier très large lui aussi, je me dis que j'ai du faire
comme Alice, j'ai rétréci…en entrant dans le club ? Le bar ?
Le café ? Cette
impression se confirme désagréablement,
c'est grand, très, trois espaces séparés mais communiquants
et desquels on peut se voir les uns les autres, et disposés en arc de
cercle autour du bar. Il y a de larges fenêtres qui donnent sur la cour.
Tout est rouge et or et lumières tamisées. Derrière le bar
des sacrés malabars aux crânes rasés habillés de noir,
et sillonnant l'espace avec aisance des longues sirènes blondes très
hautes sur les talons sans fin portent les consommations aux tables. Carrément
le vilain petit canard, tout noir et disgracieux, je me sens. Et puis tout va
très vite, les grands gars du bar nous aident à décharger
la sono, ils ne veulent absolument pas que je porte quoi que ce soit, à peine
ai-je saisi quelque chose que l'un où l'autre me l'enlève des mains.
Ils me proposent de m'asseoir et de boire un verre, sourires… La salle est redisposée
pour l'écoute du concert, le public arrive et moi je retrouve ma taille.
Tout se passe bien.
Je n'ai pas de photos de ce lieu. Hélas !
Mais comme nous devons revenir à Wroclaw d'ici quelques jours, après
Varsovie, j'y retournerai pour voir si c'est pareil.
Michèle K
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