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Ça y est nous avons traversé la manche sur le haut bloc. J'aime
beaucoup les Ferries, leur blancheur et leur
dixième pont à l'arrière. C'est une vaste esplanade très
haute au dessus de l'eau. Le regard tombe à pic vers la mer et « les
chutes du Niagara à l'horizontale ». De tous les côtés
c'est immense. L'eau, le ciel… Beaucoup de voyageurs accoudés. Il y a
quelque chose qui m'émeut dans leur attitude, je ne sais pas trop … une
fragilité, un démuni, une vacuité… Et je revois Alger où je
suis allée en novembre dernier. Elle est blanche et haute aussi face à la
méditerranée et aussi loin que puisse aller le regard, il y a juste
l'horizon qui fait voir la rondeur de la terre. Les jours de congés, les
hommes viennent s'accouder au bastingage qui entoure la ville en bord de mer.
A plusieurs ou seuls, ils regardent au loin pendant longtemps. J'avais alors
en les regardant le sentiment d'une trêve, d'une entrée en rêve
et de la solitude comme intégrité salvatrice… et puis, les cornes
de l'appel à la prière les faisaient tous basculer culs en l'air
vers l'Est…
Mais le temps que ça dure, c'est bien bon à éprouver, cette
douceur envers l'autre.
Maintenant nous sommes à Dublin avec Pol, mais je vous en parle plus
tard. Il faut du temps pour parler de Dublin. Michèle
La
patrie de la Beamish , capitale européenne de la culture 2005, Cork vient
d'entrer ce week-end dans le Livre Guinness des Records : samedi après-midi,
sur le mail, 8371 hommes et femmes dansent ensemble le quadrille ‘The Siege of
Ennis' ! Alors qu'à l'autre bout du pays, certains essayent de battre
d'autres records, dans l'ordre de la violence et l'égarement : émeutes à Belfast.
Pendant ce temps : traversée sur un ferry immatriculé aux
Bahamas, entreprise irlandaise, nom européen (le ‘Normandy'), le personnel
vient de la Baltique (payé 3,50€ de l'heure), de quoi attraper un
peu le vertige sur le pont. Vu d'ici, la mer est ronde, la mondialisation exsangue.
Nouvelles des coulisses : le CD ne sera pas prêt pour vendredi,
sera pressé lundi. Point sur le matériel sono. Pas de nouvelles
de Jules.
P.H.
Puff, the magic dragon, lived by the sea
And frolicked in the autumn mist in a land called Honalee.
Puff, the magic dragon, lived by the sea
And frolicked in the autumn mist in a land called Honalee.
Together they would travel on boat with billowed sail
Jackie kept a lookout perched on Puff's gigantic tail
Noble kings and princes would bow whene'er they came
Pirate ships would lower their flags when Puff roared out his name, oh
(Peter Yarrow & Leonard Tipton, 1963)
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